Avertissement

Aucune des photos mises sur ce blog n'est libre de droit. Je vous prie donc d'en tenir compte et de vous abstenir de toute copie ou téléchargement sans mon autorisation .

mercredi 28 janvier 2015

Nos lectures offerte du moment

Ces lectures sont offertes. C'est à dire que je lis à haute voix pour les enfants.

nous commençons tous les matins par 15 minutes de lecture offerte + narration. Il s'agit toujours d'une vie de saint.


nous commençons l'après-midi sur le même schéma (lecture + narration)avec la mythologie grecque.


 le soir avant que chacun aille dans son lit et lise seul, je lis un livre que je choisis très précisément. Cette lecture-ci n'est pas suivie d'une 
narration. 

lundi 26 janvier 2015

Rediffusion

Dimanche soir, M6 a rediffusé dans l'émission 66minutes le reportage sur l'IEF auquel nous avions participé. J'ai donc pu enfin le voir en entier !
Pour ceux et celles qui venlent voir ou revoir ce court reportage c'est ici : http://www.6play.fr/m6/66-minutes#/m6/66-minutes/11449432-emission-du-25-janvier

Ce que je peux en dire :
- Le reportage a été tourné 3 mois après mon accouchement...depuis j'ai fondu et je me suis trouvée énorme et pas du tout à mon avantage...Je suis horriblement mal coiffée aussi...!!
- Les enfants n'ont jamais travaillé jusqu'à midi. Nos horaires sont depuis très longtemps 9h00-11h30/11h45 et 13h30/14h00-16h00. Ce qui fait en effet des journées de 5-6h de travail et effectivement sans pause. J'ai déjà expliqué les raisons de ce choix sur ce blog. Je regrette juste que la journaliste n'ait pas précisé davantage, cela nous aurait évité de passer pour des tyrans...!!
- j'ai trouvé le reportage et les commentaires neutres et respectueux de notre façon de faire et d'être. C'était vraiment nous !
Donc merci à l'équipe de 66minutes pour ce travail !

samedi 24 janvier 2015

Je réponds

"Quels sont tes critères de discernement pour "lâcher" le matériel montessori alors que tu as encore des petits qui en auront besoin plus tard?"

Autrement dit, Tali, le matériel Montessori-fort et injustement coûteux, soit dit en passant (ou chronophage quand on le fabrique)- est-il, si ce n'est indispensable, au moins utile?
Après tant d'années d'observation et d'expérience, tant de lectures et de réflexions, tant de rencontres, ma réponse est simple et sans détours: dans le cadre de l'IEF, le matériel Montessori n'est pas indispensable. Il peut s'avérer utile mais le rapport utilité/prix m'amène à dire qu'il n'est pas utile non plus. Attention, je précise bien : dans le cadre de l'IEF, avec des enfants qui ne présentent pas de difficultés particulières d'apprentissage ou comportementaux.
Mais attention, Maria Montessori ne se résume pas à son matériel auquel nous accordons beaucoup trop d'importance. Maria Montessori est restée pour moi, une philosophie, une pédagogie, pas un mode d'emploi à appliquer. Voilà la première chose. Je me suis détachée du matériel, pas de l'état d'esprit et des fondamentaux en ce qui concerne l'attitude.
Dans le cadre de l'IEF, la vie quotidienne se charge d'apprendre aux enfants ce dont ils ont besoin quand ils sont prêts.
Les cadres d'habillage sont ils bien nécessaires? Mes enfants apprennent petit à petit à s'habiller seuls. Je les ai vu peu à peu boutonner seuls, lacer seuls, attacher leurs chaussures seuls, simplement en s'habillant ou en jouant à la poupée. Leur propre poupée, leur propre garde-robe suffit.
Les activités de vie pratique sont lourdes à mettre en place et tous ces plateaux prennent de la place. Est ce indispensable? Mes enfants ont tous appris empiriquement à passer la balayette en me voyant faire... Ils cassent un verre, ils balaient! Même mon petit dernier de 20 mois m'apporte la pelle quand il me voit balayer ! Un jour viendra où il fera seul sans que ce soit l'objet d'une activité "cadrée" avec un nécessaire de ménage à sa taille qui coûte un bras! Ils mettent le couvert, se versent à boire à table, beurrent leur tartine etc...Bref ! La vie quotidienne leur propose chaque jour un lot conséquent d'occasions de travailler la motricité fine dès leur plus jeune âge.
Je n'ai pas eu de ligne pour mes aînés et pourtant ils ont su coordonner leurs mouvements ! Un jardin, une maison suffisent pour l'activité physique et la motricité! Pas besoin de cercle pour se réunir en réalité, le canapé du salon est parfait!
Les puzzles de géographie sont ils utiles? Ni moi, ni mon mari, ni mes aînés n'ont eu ces puzzles pour apprendre la géographie et pourtant nous avons de solides connaissances dans ce domaine ! Le premier apprentissage se fait en voiture. Et oui, à partir du moment où vous refusez- comme nous- livre, lecteurs DVD et jouets dans la voiture, nous sommes bien obligés d'observer (paysages, signalisation, plaques d'immatriculation) et nous, parents de répondre aux questions, voire de les devancer. A-t-on besoin de connaitre tous les drapeaux du monde? Ne peut on pas simplement chercher la réponse à l'interrogation quand elle se pose?
Les puzzles de biologie? L'observation in situ et un bon livre de leçon de chose remplissent l'office bien mieux! Ajoute à cela un abonnement à la Petit Salamandre et un microscope et le tour est joué pour bien plus d'années !
Mes enfants n'ont jamais beaucoup utilisé les livrets renseignés/non renseignés, ils préfèrent les vrais livres, les revues et les films documentaires.
Le matériel des fractions ? Coûteux, encombrant, mes aînés ont compris avec des pommes, des gâteaux puis des bandes de papier et des ciseaux !
Toutes ces fabrications  et ces achats n'ont fait plaisir qu'à moi en réalité! J'étais certainement la plus sensible à la beauté de ce matériel !
J'ai gardé : 
Les chiffres et les lettres rugueuses mais même ça je m'aperçois que Gabrielle avec ces petits fichiers de rien du tout, écrit déjà "en attaché" sans avoir jamais appris...Juste par observation et en repassant le doigt sur la lettre écrite dans le fichier ! 
J'ai troqué mon boulier montessori que je trouve difficile à utiliser pour l'enfant contre un boulier ordinaire.
J'ai gardé le matériel des perles, mais Gabrielle a compris avec le boulier le principe de dizaine et d'unité!
J'ai gardé les dictées muettes et un petit alphabet mobile.
J'ai gardé mon matériel orange des phonèmes.

Certains m'opposeront que ce matériel montessori ne me sert pas parce que je l'utilise à un âge trop avancé avec mes enfants. La belle affaire ! Ils ne sont pas en retard pour autant! Était-il donc utile d'apprendre la lecture, la grammaire, les quatre opérations ou le système décimal avant 6 ans? Ils ont acquis ces notions plus tard mais très rapidement, d'autant plus rapidement que le passage à l'abstraction se fait plus vite, et que de ce fait souvent une explication par le schéma ou le dessin suffit!
Pourquoi s'encombrer? Les enfants qui n'ont pas appris avec tout ce matériel sont ils plus ignorants? Moins bons élèves? Moins créatifs? Comment font les enfants qui voyagent? Ce n'est pas le matériel qu'il faut soigner mais l'état d'esprit et l'attitude que l'on adopte en tant qu'éducateur. A nous de rendre nos enfants créatifs, inventifs, curieux, structurés, compétents... et pour cela peu de matériel est nécessaire en réalité !


jeudi 22 janvier 2015

Tâches ménagères - suite

J'ajoute ceci à mon précédent post :

J'ai dans ma cuisine un petit sac en tissu pendu à la poignée de la fenêtre. C'est le sac de linge sale de la cuisine. Cela m'évite beaucoup d'aller et venues ou que le linge sale de cuisine traîne dans un coin. Quand il est plein je le prends en passant avec mon panier de linge sale pour descendre au sous-sol.

Je vide le lave-vaisselle pendant le goûter. Ainsi je suis avec les enfants tout en avançant les tâches ménagères et j'ai toujours des petites mains pour m'aider.

La frise du mois est affichée dans la cuisine, pendant le petit déjeuner, l'enfant désigné met la gommette et nous évoquons ce que nous allons faire dans la journée. Je sais donc toujours, quel jour nous sommes.

J'ai des chiffons et un rouleau de sacs poubelle à tous les étages.

Si je pense à d'autres choses, je les ajouterai ici au fur et à mesure !





samedi 17 janvier 2015

Je réponds


trouvée ici


"Comment t'organises tu avec les tâches ménagères, entre IEF, une grande maison et 8 enfants ?"

En voilà une bonne question, Mireille !! 
Nous habitons en effet une trèèèèès grande maison- bon disons le sans détour : 900m². Je loue le Seigneur et remercie Sainte Marthe tous les jours, de nous avoir trouvé cette magnifique location. Mais j'ai rapidement compris que ce qui était de mise à Combourg dans 3 fois moins grand ne pourrait être appliqué ici...
L'organisation familiale n'est plus la même non plus : 2 scolarisées, 6 en IEF avec des petits moins petits et un aîné en 1ère ES au CNED. Une vie en pleine campagne qui, si elle est épanouissante pour tout le poulailler sans exception, nous rend tributaires des horaires de bus pour les uns et du bon fonctionnement de notre voiture et de ma disponibilité de chauffeur pour les autres. 
Bref, nous avons des problèmes de gens gâtés !

Alors, Mireille, ma première résolution pour cette année scolaire 2014-2015 a été la suivante : pas de journées ni de semaines "à trous". Cela ruine tous les efforts des enfants, ralentit le progression, favorise la paresse et son corollaire de mauvaises actions (énervement, impatience, ennui, cris etc...). J'ai donc décidé que cette année, j'étais une femme au travail, à la maison certes, mais avec des horaires de boulot : 9h00-11h30 / 13h30-16h00, c'est à dire les horaires de classe pendant lesquelles je ne fais RIEN d'autre ( pas de sorties en dehors de celles programmées dans le cadre des apprentissages, pas de cafés, pas de courses, pas de rendez-vous). 
Il est évident que pour tenir cet engagement, il fallait alléger et simplifier tout le reste et charger un peu plus les week-ends et les vacances.
- simplifier les courses et les repas
- alléger le ménage dans la semaine
- déculpabiliser de ce qui ne peut être fait que trèèès lentement
- zapper certaines tâches et l'assumer- ben, oui, j'entends tout de même profiter des belles choses de la vie !
- simplifier mes programmations scolaires

Comment simplifier ?
- Finito les plannings, je ne pouvais pas tout faire tenir dans des tableaux : trop de pièces !!
- J'ai placé mon "centre de repassage" à coté de la salle de bains, au premier étage (étage des chambres). Ainsi, les enfants peuvent récupérer facilement, y compris p'tit poulet de 4 ans, leur pile de linge et la ranger. Je peux repasser pendant qu'ils barbotent à tour de rôle dans le bain entre 18h00-18h30. Je peux aussi me repasser vite fait un truc le matin avant de m'habiller. Le "centre de repassage", placé sur un pallier,  comprend : une table à repasser, 2 bidons d'eau déminéralisée (un en cours+ un d'avance), un fer à repasser, des cartouches anti-tartre, les étiquettes pour marquer le linge, l'armoire à linge de la maison de manière à ce que le linge de maison sitôt repassé soit rangé, une étagère sur laquelle chacun trouve sa pile ; un panier pour les chaussettes seules, un panier pour les paires reconstituées, un panier pour le linge de mon mari (qui fait son repassage), un panier pour le linge destiné au raccommodage.
- J'ai placé un aspirateur + sacs et un balai + pelle par étage ; une éponge et un vaporisateur de vinaigre *+eau dans chaque salle de bain ou cabinet de toilettes, chaque WC. Ainsi je ne quitte pas la pièce sans passer un "petit coup" et les occupants peuvent faire la même chose.
- Les aînés gèrent intégralement leur ménage, leur rangement, leur repassage. Quand ce dernier n'est pas fait dans les temps (contrôle du niveau du panier le samedi midi), le linge passe par la fenêtre directement dans le jardin ! Ils sont alors obligés de le ramasser, de le relaver eux mêmes, le faire sécher, le trier, le repasser... Autant vous dire qu'une fois leur a suffit de leçon !
- J'ai placé des paniers au départ de chaque escalier. Ainsi rien ne traîne par terre, c'est dans un panier. Reste ensuite à monter ou descendre les paniers régulièrement et ranger. La plupart du temps, je monte ou je descends avec quelques objets du panier pour les ranger en passant.
- J'ai fait des petits "sacs à trésors" pour les enfants, ils peuvent ainsi ranger leurs petits trésors (merdouilles, disons-le !), ça ne traîne plus dans la chambre, ça ne passe pas dans l'aspirateur, je ne les jette pas exaspérée...! 
- En clair, une règle majeure : une place pour chaque chose, chaque chose à sa place
- Je fais un ménage plus approfondi le samedi matin : vider les corbeilles de la maison, changer les draps, passer l'aspirateur partout (soit plus de 2 heures dans le we !), nettoyer la cuisine à fond etc...et puis il y a ce qui attend trèès longtemps : les vitres (je pense que ma moyenne sera de 2 fois par an maxi !), cirer le parquet, l'intérieur des placards etc...
- Je m'occupe des lessives après 16h00. Parfois, j'ai le temps d'en lancer une avant 9h00, que je mets à sécher entre midi et deux. Parfois je n'ai pas le temps de m'occuper du linge...et bien il attend le lendemain ! Je ne fais plus ma lessive moi même, pas le temps !
- Nous faisons classe dans la salle à manger, à côté de la cuisine. Je peux donc faire quelques aller et venues. J'ai un thermomix auquel j'ai ajouté un rice-cooker et la yaourtière multidélices qui me permettent de cuire bon nombre de choses sans trop d'interventions et surveillance. J'ai simplifié mes menus de déjeuner : 1 légume cuit et/ou cru + 1 céréale et/ou 1 protéine animale + 1 fruit ou pique-nique amélioré et équilibré. Je ne fais plus de pain mais je pense m'y remettre bientôt...je réserve la pâtisserie et les plats plus élaborés pour le week-end, si j'ai du temps je cuisine le samedi après-midi et je congèle pour la semaine, je cuis en grande quantité pour que cela serve dans la semaine.
- j'ai simplifié mes courses : super U drive + AMAP +  épicerie du village. Si bien que je ne vais à la biocoop qu'une fois par mois pour ce qu'il me reste à y prendre. Je me rends donc à ma distribution AMAP le jeudi soir avec un enfant pour m'aider. J'y prends légumes, oeufs, farine, miel. Dans mon épicerie (j'ai la rue à traverser) : viandes  bleu-blanc-coeur en gros  et charcuterie-traiteur maison, fruits. A la biocoop pour le mois : fruits secs, lait de riz, purée d'amande, lessive, tisanes et thés, confitures, sucre, rapadura,  shampoing, huiles essentielles et hydrolats, poudre à lever et levain, céréales en vrac. Le reste au drive.
- j'ai un bloc et un crayon dans la cuisine pour noter au fur et à mesure ce qu'il manque et qui est à racheter. Il y en a un dans ma chambre pour noter ce qu'il manque à l'étage.
- Je ne fais jamais de shopping, je déteste les soldes.
- Je fais des petites To-do list pour chaque jour et chaque we dans ma tête avant de me lever

Je me couche tôt  pour avoir le temps de lire dans mon lit, je me lève tôt car nous avons un aîné qui monte à cheval tous les matins (6h30 ou 7h30) et qu'il faut accompagner , et il y a des choses que je fais moins ou plus : je lis le soir donc je ne tricote pas (je réfléchis à alterner...), je couds moins souvent mais encore beaucoup, je ne trie pas le courrier ni les papiers donc c'est le bazar. Je gère ça à la petite semaine. Et beaucoup des tâches ménagères ou des tâches tout court se font quand elles se présentent. Par exemple, je m'attaque aux toiles d'araignées quand j'en vois trop, je paie une facture quand j'ai une lettre de rappel, je fais la poussière quand je téléphone etc...


Enfin, je missionne les enfants et ils sont plutôt gentils pour ça !

Quant aux apprentissages:
- Beaucoup de matières en classe ne sont pas programmées pour l'année, je suis le livre et je note où j'en suis.
- je me disperse dans moins de supports, je fais moins de recherche sur internet. J'ai un fil conducteur et je m'y tiens.
- J'ai un emploi du temps et une méthode de travail pour les enfants et je m'y tiens.
- J'ai des objectifs transversaux clairement définis, des points d'amélioration pour cette année, et je m'y tiens.
- J'utilise notre vie quotidienne comme essentiel de l'apprentissage. Cela allège considérablement les journées "de classe". Je m'appuie sur les connections entre les matières et surtout sur celles que les enfants font par eux même. Exemple : un enfant écrit une lettre de remerciement à sa grand-mère en dehors de tout horaire de travail, l'illustre, vient me voir pour la corriger; c'est une rédaction complète même si elle n'est pas dans le classeur!
- Je n'ai donc rien à préparer le soir pour le travail du lendemain. En revanche, je privilégie mes lectures personnelles utiles pour leur enseignement. Ainsi j'ai lu attentivement un article sur les dernières connaissances historiques et archéologiques sur les gaulois, une biographie de Jeanne d'Arc pour compléter leur lecture offerte, en ce moment je lis un livre sur les idées reçues sur le Moyen-Age, je lis des romans de jeunesse que j'identifie comme living books, je lis des livres sur l'enfant ou la pédagogie, des livres qui peuvent enrichir les discussions avec mon aîné sur son programme de cette année etc...De la même manière, je traque les expositions pertinentes, les musées, les émissions etc...
- La pédagogie Charlotte Mason m'a libérée de beaucoup de contraintes et a réveillé chez moi un enthousiasme, un lâcher-prise, une sérénité. John Holt-Charlotte Mason a été chez moi le doublet gagnant de cette année.

Tu vois donc qu'on peut voir les choses en négatif (ce que je ne fais plus) mais aussi en positif : je peux (et je fais et j'en profite à fond !)
- faire un maximum de choses de la maison au fur et à mesure
- ouvrir grand la maison à tous nos amis, cousins, famille et m’intéresser vraiment d'eux, tisser des liens solides
- lire beaucoup
- contempler
- profiter des enfants, les voir grandir
- profiter du jardin, de la forêt avec eux
- m'investir dans chaque sujet avec enthousiasme. Par exemple partager la passion de mon mari et d'une grande partie des enfants pour les chevaux, l'élevage, les courses. C'est la première année que je peux suivre un peu ça et m'y intéresser.

Voilà une longue réponse, et encore je n'ai pas tout dit !


* Le vinaigre est mon unique ou presque produit ménager

Je réponds

"Je ne retrouve pas ta liste de jeux sans jouets"
Tu la trouveras ici jeux sans jouets mais je l'ai depuis, complétée et j'ai supprimé des doublons.


" Où parlez vous de votre matériel de lecture que vous appeliez matériel orange ?"
J'en parle à différents endroits, voici les liens
Les mots outils et là aussi Pochette orange des mots outils et puis aussi ici !

Le matériel orange


Le phonème ANLe phonème OU et la suite

Révisions et aussi Reprise, révise

Et enfin 


jeudi 15 janvier 2015

Citation

Chers frères et sœurs,
Nous revenons d’une semaine de sang et de larmes sur notre sol de France et dans sa capitale. La ville lumière s’est remplie de ténèbres, et Notre-Dame, la sentinelle de pierre dressée au cœur de la cité, a fait sonner son glas, comme une invitation au deuil, comme un appel à l’espérance. Les scènes de guerre n’étaient qu’un souvenir lointain, de vieilles histoires enfouies dans la mémoire des siècles, entrées déjà dans la légende. Nous étions sans doute trop habitués à danser sur un volcan, attachés à un confort sans grande question ni grand drame, entretenus dans l’illusion d’un « vivre ensemble » pétri de bons sentiments et de touchante naïveté, gavés des slogans d’un multiculturalisme infiniment ressassés, et d’une « tolérance » qui se voile la face devant l’urgence d’affronter les vraies questions. Nous avons bercé le fanatisme en notre propre sein, comme on accouche d’un enfant monstrueux qui finit par nous tuer.
« Dieu se rit des hommes, écrivait déjà Bossuet, qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ». Les effets, c’est la mort qui a frappé. Les causes, du moins pour une part, sont spirituelles, car c’est la mystique qui mène l’histoire, même si elle laisse à la politique l’illusion d’apparaître sur la scène du monde. C’est la vacuité spirituelle de l’Occident qui fait le lit du fanatisme, c’est la déconstruction des figures d’autorité, l’éclatement méthodique de la famille, la culpabilisation de la mémoire, le triomphe de la culture de mort, le nivellement du matérialisme et de la jouissance érigés en idoles du bonheur. Nourrir les enfants de pain et de jeux dans des banlieues sordides, les couper des racines de la mémoire et des ailes de l’espérance, ne peut qu’engendrer la violence. L’homme a soif d’idéal, il est assoiffé du sens.
Si on écrase méthodiquement son âme et qu’il n’est pas trop abruti de paradis artificiels, il écoutera n’importe quel fanatique, il prendra les armes, il balaiera le joug d’une société qu’il méprise, il tentera d’arracher par la force un sens à sa vie, d’écrire en lettres de sang une gloire fugace qui le fera sortir de l’oubli.
On dit que ces tueurs sont contre la civilisation, et on a raison sans doute. Mais ne sont-ils pas aussi engendrés par notre manque de civilisation, par la faiblesse de notre civilisation qui marque indéniablement des signes de décadence ? Ces hommes qui prennent les armes, dont je ne veux pas amoindrir la responsabilité, sont aussi le signe du désespoir de vivre, de notre incapacité à les intégrer, à les nourrir, à les faire vivre.
J’entends la voix du grand pape, venu de Pologne : « France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait de ton baptême ? Es-tu restée fidèle à l’alliance avec la sagesse éternelle ? ». Notre baptême est trop devenu une eau morte. Là où la sagesse est méprisée, la folie triomphe, là où il n’y a plus d’âme, la peur, le vide, la mort règnent.
Faut-il parler, faut-il se taire devant le sang versé ? Certaines paroles doivent se tenir aux confins du silence. Commençons toutes choses par le silence habité de la prière. Que notre Dieu prenne en pitié ceux qui sont morts, particulièrement ceux qui proclamaient leur rejet de toute foi, et aussi ceux qui ont voulu tuer au nom de leur foi, et ont fini leurs jours dans une dernière charge d’orgueil et de désespoir, les mains couvertes de sang, ignorants que Dieu n’est pas celui qui tue, mais qui prend sur lui la mort.
Que le Seigneur Jésus, unique Sauveur du monde, par son sang versé, leur accorde, s’il est possible, la grâce du Salut. Le cardinal, père de notre diocèse et de notre ville, a exprimé sa prière, signe de sa grandeur d’âme, de sa conscience qu’aucune provocation ne justifie un meurtre. Au moment des débats sur le mariage, il avait pourtant été ignoblement caricaturé par Charlie Hebdo, dans un dessin qui insultait la sainte Trinité, le mystère même de notre Dieu.
Certains, même des catholiques, sont tellement habitués au relativisme qu’ils ne voient là rien de choquant. Ils pensent qu’ils doivent réagir en adultes, qu’ils sont capables de distance et de maturité. C’est qu’ils sont sans doute plus endurcis, et il est dramatique de confondre l’endurcissement et l’indifférence avec la maturité de l’adulte. Ils oublient aussi que nous sommes gardiens de la foi des plus fragiles et des plus humbles, et qu’il faut veiller à ne jamais scandaliser un seul de ces petits qui sont les frères du Christ (Mt 18, 6).
Si on crachait sur leur propre mère, ils seraient, j’espère, blessés. Quand on le fait sur leur Dieu, ils trouvent que cela relève de la liberté d’expression… Je trouve cela magnifique qu’un homme comme le cardinal, pourtant évidemment blessé par des caricatures pitoyables, réagisse par la charité, la prudence et la prière. « Aimez vos ennemis, et faites du bien à ceux qui vous persécutent » (Mt 5, 44).
Nous ne répondons pas à la provocation par la violence, mais en faisant sonner le glas. Le glas est la cloche de l’espérance, et l’espérance est un désespoir surmonté. Sa voix est sombre, elle semble jaillir des entrailles de la terre. Le glas est un appel ténébreux au retour de la lumière et de la vie, une voix du Christ jaillie d’outre tombe. Le glas est dans la nuit, mais il aperçoit l’aurore qui se lève. Il « espère contre tout espoir », selon la belle expression de l’apôtre Paul (Rm 4, 18). C’est la grandeur de notre foi chrétienne que de désirer le Salut de tous les hommes, et de « remettre notre épée au fourreau », car « celui qui vivra par l’épée périra par l’épée » (Mt 26, 52).
C’est la splendeur du christianisme que de prier pour ceux qui nous ont régulièrement insultés, ou ceux qui nous donnent la mort. Je l’ai fait moi-même, cela me permet sans doute de dire une parole qui ne soit pas portée par la violence ou le ressentiment. La prière empêche de tomber dans la haine. Elle obtient la sagesse, elle donne de « pleurer avec ceux qui pleurent », comme le dit encore l’apôtre (Rm 12, 15). Elle donne aussi la liberté intérieure, qui fait que les hommes de prière n’ont pas peur de dire ce qui est vrai. Il n’y a pas de paix sans justice, et la justice, c’est l’amour d’une vérité qui rend libre, et qui donne à chacun ce qui lui est dû.
Certains ne seront sans doute pas d’accord avec ce que je vais dire. Je le conçois très bien. La parole est toujours un risque. Qu’ils respectent alors ma « liberté d’expression », puisqu’ils s’en proclament les gardiens. Je crois que ce n’est pas rendre service à la France que de faire de ceux qui travaillaient dans un journal habitué à l’injure et à la provocation gratuite le signe de la liberté. Ils se moquaient régulièrement de la police comme de toute forme d’autorité. J’admire et respecte le policier, sans doute musulman d’ailleurs, qui a donné sa vie pour eux. Son sacrifice fait honneur à l’immense majorité des musulmans de France, qui prient avec droiture d’intention et déplorent le fanatisme. Parmi ceux qui sont morts, les caricaturistes prônaient le libertarisme absolu, le nihilisme éthique et le matérialisme athée. Issus d’une génération « sans Dieu ni maître », ils avaient décidé de repousser toute contrainte – même s’ils restaient en réalité dans les limites des conventions médiatiques, car ils savaient bien qu’on ne peut pas rire de tout en France – et de faire de l’outrage systématique envers la religion leur langage habituel de communication. Condamner ces épouvantables attentats est notre devoir, comme celui de nous unir dans une conscience citoyenne et de prier pour les victimes. Mais est-il permis de ne pas ériger ces hommes en « icônes de la liberté » ? Il n’y a pas de proportion entre l’assassinat d’un homme et son insulte ou son blasphème, mais celui qui piétine l’intimité des cœurs et blesse grossièrement les consciences participe aussi à la violence. C’est une triste liberté que celle de s’arroger le droit d’humilier ce qu’il y a de plus sacré chez les êtres. C’est un risque inconsidéré de fragiliser par son mépris un équilibre social déjà extrêmement perturbé. C’est un douloureux paradoxe pour la France que des provocateurs libertaires qui n’ont cessé de piétiner sa mémoire et ses institutions deviennent les symboles de sa liberté.
Aujourd’hui est un jour de deuil, car le Christ descend au Jourdain et s’ensevelit dans les eaux, comme on descend dans la mort. Aujourd’hui est un jour d’espérance, car le Christ jaillit dans la lumière pour recevoir la vie. Il a voulu s’abaisser aux profondeurs du mal, pour libérer l’homme de tout ce qui l’avilit, l’enlaidit, le méprise, pour le sauver de l’esclavage du péché, pour que puisse sonner le glas, cet appel douloureux à l’espérance, ce désespoir surmonté. L’espérance chrétienne est profonde des profondeurs mêmes du tombeau, et c’est quand il n’y a plus d’espoir que peut advenir l’espérance. Pour qui sonne le glas ? Le poète anglais John Donne écrit ces belles paroles : « La mort de tout homme me diminue parce que je suis membre du genre humain. Aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : il sonne pour toi ».
Qui sont les morts ? Dieu seul les connaît. Nous avons leur nom et leur visage, mais l’homme est toujours plus grand que le théâtre qu’il joue sur la scène du monde, et il est aussi toujours plus grand que son péché. « Mes pensées ne sont pas vos pensées, dit le Seigneur au livre d’Isaïe, et vos chemins ne sont pas mes chemins » (Is 55, 8). Nous remettons les âmes des défunts, et nous remettons notre pays blessé entre les mains du Rédempteur. Nous reprenons la prière que le Christ apprit à Marcel Van dans une apparition, cet enfant d’Indochine qui sera sans doute proclamé saint : « Seigneur Jésus, aie compassion de la France, daigne l’étreindre dans ton amour et lui en montrer toute la tendresse. Fais que, remplie d’amour pour toi, elle contribue à te faire aimer de toutes les nations de la terre ».
« France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait de ton baptême ? ».
Il est temps d’en retrouver la source, comme on creuse l’espérance de nos propres mains, jusqu’à faire jaillir l’eau vive.
Il est temps que cessent le mépris de la mémoire et le piétinement du sacré par ce qu’il y a de plus vulgaire, de plus vil et de plus meurtrier.
Il est temps de retrouver notre âme.
« Le monde moderne a bien besoin d’entendre quelques voix libératrices, écrivait Georges Bernanos. Les voix libératrices ne sont pas les voix apaisantes, les voix rassurantes. Elles ne se contentent pas de nous inviter à attendre l’avenir comme on attend le train. L’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l’avenir, on le fait ».
Le général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre évoque le grand silence de l’hiver, quand tout s’endort et se tait, quand tout semble mort, et il écrit : « Le destin est-il donc scellé ? Est-ce pour toujours la victoire de la mort ? Non ! Déjà sous un sol inerte un sourd travail s’accomplit. Immobile au fond des ténèbres, je pressens le merveilleux retour de la lumière et de la vie […] Je suis le vieil homme, recru d’épreuves, détaché des entreprises, sentant venir le froid éternel, mais jamais las de guetter, dans l’ombre, la lueur de l’espérance ».
Seigneur Jésus, aie compassion de la France, daigne l’étreindre dans ton amour, et lui en montrer toute la tendresse. Notre Dame de France, vous qui êtes si souvent apparue sur notre terre blessée, souvenez-vous, priez pour nous.
Amen.
Vicaire de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce de Passy (Paris XVIe), le Père Luc de Bellescize