
Je réédite ce billet parce que je trouve qu'il colle bien à la réalité de cette rentrée IEF. Un coup de gueule que je repasserais volontiers sur les groupes IEF facebook...
"Il n'y a pas de méthodes meilleures que d'autres" écrit une maman ayant choisi le unschooling pour sa fille. Et bien, au risque de déplaire, pour moi, si : il y a des méthodes qui donnent des résultats et d'autres non !
Les bonnes méthodes d'instruction sont celles qui permettent à l'enfant d'accéder aux savoirs fondamentaux et au-delà, qui le font grandir, qui construisent sa personnalité et sa capacité à s'adapter à toutes situations, qui lui ouvrent l'accès au spectre de voies professionnelles le plus large possible (qui peut le plus, peut le moins, l'inverse n'est pas vrai!). Si toutes les méthodes, toutes les pédagogies se valaient, l'école n'aurait pas de si médiocres résultats depuis de bien trop nombreuses années.
Mais comprenons-nous bien : il ne s'agit pas dire que le unschooling n'est pas bon. Il l'est si c'est très bien fait et qu'il ne reste pas au ras des pâquerettes. Beaucoup trop souvent, en France, le unschooling se traduit par un simple laisser-faire qui suit le bon vouloir de l'enfant. Et ça, ça s'appelle du laxisme, pas du unschooling.
Quoiqu'il en soit, cela ne suffit pas pour dire qu'une méthode est bonne ou pas. J'ai toujours pensé qu'il y avait une dimension universelle à prendre en compte : cette méthode peut-elle se démocratiser ? Peut-elle être utile et favorable au plus grand nombre ? Son application est-elle aisée, à la portée de tous ? Son coût est-il abordable ? Toutes ces dimensions sont à prendre en compte pour qualifier une méthode ! Dans le microcosme IEF, ces questions ne sont presque jamais abordées! Et cela biaise totalement le raisonnement. Sous couvert de liberté, de tolérance, "du chacun fait comme il veut", certains s'enferment en réalité dans une indifférence et un nombrilisme incroyable : "il n'y a pas de méthode meilleure qu'une autre"...Non. Tout ne se vaut pas.
Si au bout du compte des enfants sont laissés en chemin, si au bout du compte des parents sont encouragés dans des méthodes pour lesquelles ils n'ont pourtant pas le bagage culturel, intellectuel, les moyens humains ou pécuniers pour accompagner leurs enfants dans les apprentissages, si au bout du compte les enfants n'atteignent pas les savoirs fondamentaux, si au bout du compte les enfants sont mis en difficulté pour passer les diplômes dont ils auraient besoin pour faire ce dont ils rêvent, si finalement on a tué leur saine ambition à atteindre leurs étoiles, alors la méthode est mauvaise. Assurément toutes les méthodes ne se valent pas.
Non toutes les méthodes et les pédagogies ne sont pas bonnes pour l'enfant. Une pédagogie n'est pas bonne simplement parce que le parent le fait par amour (encore heureux!) ou parce que c'est ludique ou parce que l'enfant aime bien! Ce n'est pas parce que mon enfant adore se gaver de bonbons, qu'il est heureux et souriant en se goinfrant, que je dois le laisser faire et trouver cela bon pour lui !
Notre rôle est de leur apprendre à comprendre ce qui est bon ou moins bon pour eux et dans l'intervalle - puisqu'ils sont en construction- prendre les décisions pour eux. Ils doivent gagner leur liberté petit à petit, pas après pas, dans une conscience peu à peu éveillée à ce qui est bien et à ce qui est mal. Ce qui est bien et mal pour eux-mêmes mais aussi pour les autres. La conscience collective (qui fait tellement défaut à notre société aujourd'hui) est tout aussi importante que la conscience individuelle.
A ouvrir trop vite et trop grand les fenêtres, les parents font porter de bien trop lourdes charges sur les petites épaules de leurs enfants. Décider pour l'enfant, c'est lui offrir un repos, c'est le laisser être un enfant.
Commentaires
Bravo Laurence !
Mais-prenant mon cas-les parents tâtonnent parfois avant de trouver et lorsqu'ils trouvent encore faut-il qu'ils se "fassent la main", s'enrichissent intellectuellement etc. Les enfants seront sans doute un peu bringuebalés en début de route, accuseront certainement le coup de certaines manoeuvres malhabiles... est-ce pire, selon vous, que de les laisser en public? Je ne pense pas.
Merci pour votre blog! Un vrai soutien pour la mère anxieuse que je suis : )
Mais je suis entièrement d'accord, tout ne se vaut pas. Quand je vois les fichiers à compléter et les livres de "lecture" dans le publique du coin, quand je vois le formatage que subit mon mari en université (des cours avec comment utiliser les pronoms "ze" et "zir" à la place de "him" ou "her"), j'en viens à penser que même le laxisme serait meilleur pour mes enfants. Je sais que ce n'est pas le point mais j'aime bien extrapoler. Je n'y connais rien en unschooling, tu aurais un lien vers un site bien fait qui en parle. Ce que j'en lis me donne l'impression que c'est beaucoup de boulot pour les parents et beaucoup d'argent.
Je voulais dénoncer d'une part le ventre mou actuel qui fait croire que tout est relatif même en matière de pédagogie et que finalement toute méthode est bonne. Et bien c'est faux. Une bonne méthode doit être efficace et obtenir des résultats. Et quand je parle de résultats, je ne pense pas forcément à "de bonnes notes à l'école"...c'est ce que j'ai bien souligné dans mon billet. A contrario du unschooling, l'instruction, l'éducation, la méthode, la pédagogie qui met une pression trop forte sur l'enfant, l'inhibe, le stresse ou en fait un bon petit robot bien formaté, n'est pas une bonne méthode non plus !! Loin de là!! Qu'elle soit portée par le système scolaire, les parents ou les deux d'ailleurs.
@Tiphaine : il faut lire les livres sur le sujet. J'ai lu tout ce qui existe en français sur le unschooling, je suis allée écouter André Stern etc...donc je peux t'affirmer que le unschooling bien conduit demande un investissement considérable des parents à tous les niveaux. C'est bien là le problème ! Bien trop souvent les parents s'orientent dans cette voie pour de toutes autres raisons et les résultats sont catastrophiques. Le laxisme n'est bon pour personne, pas même pour tes enfants.