L'Instruction en Famille Nombreuse est une Aventure Formidable !

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vendredi 9 décembre 2016

L'épuisement maternel

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Comme je l'ai expliqué dans un précédent billet, il serait illusoire de penser l'instruction en famille comme une panacée. Si tel était le cas, nous serions bien plus nombreux...Il faut avant tout voir l'instruction en famille comme une solution d'instruction-éducation parmi d'autres (école traditionnelle, école innovante, cours par correspondance etc...) et comme toutes ces solutions, l'instruction en famille a ses points faibles et ses points forts.
Nos blogs parlent beaucoup des avantages et peu des inconvénients. Bien souvent nous sommes en rupture avec nos choix précédents. Nous sommes donc tout heureux de faire part de nos sensationnelles découvertes en terme d'apprentissages, de relations familiales, d'organisation de vie. Mais croire que l'instruction en famille serait LA solution est tout à fait illusoire. C'est UNE solution ou LA solution PENDANT un temps donné, rien n'est jamais garanti sur la durée.

Ainsi, après avoir parlé d'un premier aiguillon dans le talon d'Achille de l'instruction en famille, en voici un deuxième : l'épuisement maternel.
En effet, l'instruction en famille, aussi joyeuse et sereine qu'elle soit, ne peut pas totalement gommer le fait que tout part et revient au parent instructeur, la plupart du temps, la mère
Bien souvent reposent sur nous: 
- le bon fonctionnement de la classe-maison. Ce qui induit sa préparation, la pédagogie que nous approfondissons en dehors des heures d'apprentissage, l'achat du matériel, la gestion des petits conflits entre les enfants, les râleries de ceux qui ne veulent pas s'y mettre, l'impatience devant celui qui ne comprend toujours pas comment poser sa division, l'exaspération devant celui qui renverse son verre d'eau sur son cahier...vous voyez? Soupirs...
- le bon fonctionnement de la maison. Ben, oui, ce n'est pas parce qu'on fait classe, que la maison se met à tourner toute seule...: les repas, les lessives, le rangement, les courses, le ménage, les conduites...toutes ces tâches doivent se faire...avec un double effet pervers: comme vous êtes tout le temps à la maison, il apparaît normal à tous que cela vous revienne (effet 1) et comme vous êtes tout le temps à la maison, vous avez peut être du mal à supporter que votre maison soit en désordre (effet 2).Gros soupirs...fatigue...
- les enfants : ils sont avec vous toute la journée, toute l'année. Et dès que vous devez vous absenter, vous les emmenez. Vous êtes leur interlocuteur principal. Vous êtes aussi l'arbitre des disputes, le censeur des gros mots, l'inspecteur des chambres rangées...pffff...

Si vous ajoutez à ces emplois du temps bien chargés, un blog, un engagement, un jardin, et l'isolement dont nous avons déjà parlé...vous finissez quand même par fatiguer...
Alors là, vous vous dites : et bien, prends du temps pour toi!
Oui, mais quand? Comment? Avec quel argent? Je n'ai pas la voiture! Je n'ai pas de baby-sitter disponible en pleine journée! Et puis pour faire quoi? Mes copines travaillent! Je suis sûre que vous voyez de quoi je veux parler...Grosse fatigue...

Pour peu, qu'en plus, vous ayez pris des engagements qui ne font pas l'unanimité, et là, c'est la cerise sur le gâteau ! Le déchaînement de critiques acerbes, de paroles blessantes, le lynchage facebookien, la mauvaise foi dégoulinante,  la méchanceté brute...enfin..bref...gros gros soupirs...
En même temps, que suis-je allée faire dans cette galère, mon bon Scapin?

Donc, oui, l'instruction en famille est une aventure formidable! Mais c'est une aventure! Avec tout ce que cela comporte! L'épuisement, comme la déprime (*dépression même parfois), le burn-out ou l'isolement social arrivent. Il importe de le savoir et il importe de réfléchir aux moyens que l'on peut mettre en place pour éviter ces écueils. Lesquels?
- Programmer des moments pour soi en fonction de ses moyens pécuniers. Cela va de prendre une journée, loin de chez soi à faire du shopping à prendre 30 minutes dans son canapé avec un bonne tasse de café et des écouteurs....L'essentiel est surtout de les programmer et de s'y tenir
- Faire du sport
- Programmer des échanges avec ses amis chaque semaine. Programmer ses appels téléphoniques, essentiel pour ne pas se sentir isolée (sauf si on aime ça...!)
- Accepter les jours sans instruction, les jours où on n'a pas envie, comme une bénédiction!
- S'organiser pour avoir une vie saine et équilibrée (sommeil, nourriture)
- Se mettre au tricot...oui, ça évacue le stress, il parait...pour les allergiques, faire quelque chose de ses 10 doigts quotidiennement...




jeudi 8 décembre 2016

Philosophie de décembre

Paysage de neige - Noël
Comme chaque mois, nous avons échangé notre séance de catéchisme du premier mercredi du mois contre une séance de philosophie de 45 minutes.
Au programme de ce mois de Noël:
- une vertu : la joie (et la bonne humeur)
- une question : peut-on avoir beaucoup d'amis?

J'ai, comme à chaque fois, conduit la séance sans apporter de réponses personnelles. Il s'agissait vraiment de faire réfléchir les enfants. Mon rôle consiste davantage à poser des questions, reformuler ce que chacun dit, m'assurer que tout le monde comprends ce qu'un enfant tente d'exprimer, veiller à ce que chacun puisse s'exprimer, faire une synthèse de ce qu'ils ont dit.

Nous avons donc essayé de définir la joie et la bonne humeur et tenté d'expliquer pourquoi ce sont des vertus, ce qu'elles pouvaient apporter pour nous-mêmes mais aussi pour les autres. Nous avons aussi essayé de trouver des solutions pour être de bonne humeur...pas simple...!

Ensuite, nous avons longuement parlé de la question des amis. Il nous a fallu d'abord définir ce qu'est un ami, ce qu'on en attend, mais aussi, comme l'ont souligné les enfants, ce qu'il attend de nous. Nous avons étudié la différence entre ami/copain/connaissance.

J'avais volontairement programmé cette séance avant Noël, je trouvais que c'était une bonne manière d'entrer dans l'esprit de Noël.

mardi 6 décembre 2016

Socialisation et Amitiés

Baignade:
Norman Rockwell
 Voyons du côté des définitions tout d'abord:
Socialisation : processus selon lequel l'enfant intériorise les différents éléments de la culture environnante et s'intègre dans la vie sociale (Larousse)

Sociabilisation: vous l'avez entendu ce terme? Hein? Comme moi! Ben, en fait, ce mot n'existe pas...! C'est bien ce qui me semblait...En revanche le verbe sociabiliser existe et cela signifie rendre sociable.

C'est un peu tarte à la crème...dès qu'on annonce que nos enfants sont instruits à la maison, la question de la socialisation arrive dans la seconde sur le tapis! Un peu comme si l'école était le seul lieu possible de socialisation...
En réalité, l'enjeu de la socialisation relève d'abord de l'éducation-donc de ce qui se passe dans la famille. L'éducation ouvre ou enferme les enfants, les socialise ou les marginalise, les rend extravertis ou introvertis. 
Le deuxième facteur de socialisation, et non des moindres, est le caractère même de l'enfant. Il y a le timide, et il y a l'enjoué. Il y a le jovial et il y a le taciturne. Il y a le grégaire et il y a le solitaire, etc. On voit là, qu'aussi bien un enfant scolarisé qu'un non scolarisé, peut avoir des difficultés à vivre en société, en groupe, à se socialiser. Je connais des enfants scolarisés qui ont toutes les peines du monde à se socialiser!
Autrement dit, si les parents font le job, l'instruction en famille n'est pas un frein à la socialisation des enfants. C'est même la plupart du temps, tout le contraire! Pourquoi? Parce que les enfants ont pris l'habitude, dans le cadre de l'école-maison, d'échanges plus horizontaux (voire d'échanges tout courts...), de brasser les générations, les catégories sociales, les activités.

Et bien? Tout va bien, dans le meilleur des mondes, non? Une fois encore, l'instruction en famille est la panacée?
Pas tout à fait! Trop souvent, les blogs et les sites nous vantent tous les bienfaits de l'instruction en famille en ayant tôt fait d'oublier les difficultés inhérentes à ce choix de vie. L'instruction en famille est dépeinte comme un monde merveilleux qui suscite la convoitise et culpabilise les mauvais parents qui scolarisent leurs enfants...bouh! Bourreaux d'enfants! 

Évitons donc tout dogmatisme ou idéologie, soyons humbles et honnêtes:si la socialisation ne pose en réalité de problèmes qu'aux adultes qui ne connaissent pas l'instruction en famille, il n'en va pas de même des amitiés. 


Afficher l'image d'origineEn effet, force est de constater que sans l'école, la vie amicale des enfants est restreinte. Il faut admettre que la plupart des enfants se font leurs amis dans le cadre de leur scolarité parce qu'ils passent avec leurs pairs un temps quotidien suffisant pour nouer des amitiés solides. Dans le cadre de l'école-maison, tout ce temps est passé à la maison, entre soi...
Nous pouvons déployer tout le temps, l'énergie et l'argent que nous voulons pour offrir à nos petits homeschoolers des activités variées hors les murs de la maison, cela ne suffira cependant pas, la plupart du temps, à leur constituer un vrai réseau d'amis. Il s'agira en effet d'enfants qu'ils croiseront sur une durée très limitée pendant la semaine et en étant concentrés sur leur activité. C'est insuffisant pour se faire des amis. Des connaissances, des copains à la rigueur, oui...mais des amis...c'est autre chose...!
Tant qu'ils sont petits et qu'ils sont dans une fratrie, cela ne semble pas peser outre-mesure sur eux...mais cette question doit tout de même être posée au moment du choix de l'instruction en famille
Si vous hésitez à vous lancer dans l'aventure, sachez que de mon point de vue, vos enfants seront sociables, socialisés mais ils n'auront que très peu d'amis. A vous de voir, ensuite si cela pose un problème.

Cette question de l'amitié ne concerne en réalité pas uniquement les enfants. Elle impacte également directement le parent instructeur. En effet, lorsque vos enfants sont scolarisés, vous avez l'occasion de rencontrer à la sortie de l'école, d'autres parents qui au fil du temps peuvent devenir des amis. C'est encore plus vrai lorsque vous déménagez. Dans votre nouvelle ville, l'école est le moyen rapide et facile de "faire son trou"...avec l'instruction en famille, reconnaissons-le, c'est bien plus lent!

Mais cette question de l'amitié amène une réflexion sous-jacente fondamentale: le choix de l'établissement. En effet, pour que l'alchimie se fasse et que les enfants (et les parents) se fassent de bons amis, il faut encore qu'ils soient scolarisés dans un établissement où cela semble possible, selon les critères que l'on s'est donnés.

Alors, en effet, l'instruction en famille n'est pas une panacée. Elle a, comme tout autre système, tout autre choix, sa balance de plus et de moins, ses avantages et ses inconvénients, ses réussites et ses échecs, ses vertus et ses écueils...à chacun de soupeser en fonction de sa famille, de ses enfants (âges, besoins, difficultés scolaires) et de soi-même (il est important de ne pas s'oublier!). 
En bien des points, l'instruction en famille est une très bonne solution et la socialisation n'est pas un problème. En revanche, la case "amitiés" peut être cochée plutôt dans les moins...


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