L'Instruction en Famille Nombreuse est une Aventure Formidable !

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jeudi 5 mai 2016

Pétition

Monsieur Eric Ciotti, du parti Les Républicains, vient de déposer un projet de loi visant à limiter l'instruction en famille et l'ouverture d'écoles hors contrat au nom de la lutte contre la radicalisation. Tiens la droite et la gauche se retrouvent sur les mêmes poncifs !
Faut-il rappeler à ce monsieur que 100% des terroristes français n'ont pas été instruits en famille ni scolarisés dans le hors contrat mais sont sortis de l'école de la République ? Est -ce à dire que l'école de la République est radicalisée? idéologisée? Ne devrait-on pas renforcer les contrôles dans celles-ci?
Pourquoi le projet de loi ne propose-t-il pas que les cours dans les écoles hors contrat soient obligatoirement dispensés en français?
Que vise l'égalité homme-femme défendue par le projet de loi? L'interdiction de la non-mixité des écoles? Une "genderisation" obligatoire ?
Que signifie IEF autorisée en cas d'activités artistiques ou sportives? Dans quelle proportion?
Que signifie IEF autorisée en cas d'éloignement géographique ? A combien de km?
Ce projet de loi, conçu dans la précipitation et sans concertation, est totalement incomplet. Il ne répond pas aux risques de terrorisme et de radicalisation et ne correspond en rien aux réalités de terrain.
Ne sait-il pas que les familles instruisant leurs enfants sont déjà contrôlées une fois par an par un inspecteur de l'Education Nationale et tous les deux ans par les services sociaux ?
Je suis contrôlée tous les ans depuis des années,quand les enseignants le sont en moyenne tous les 5 ans. Je connais des enseignants qui ont été contrôlés deux fois en plus de 25 ans de carrière!
Pour ma part, pour rassurer ces hommes politiques qui parlent sans connaître le détail du dossier IEF, je ne serais pas opposée à :
- un contrôle de l'EN tous les ans pour tous les enfants qui ne sont pas scolarisés en présentiel
- un contrôle social tous les ans au lieu de tous les deux ans
- un test écrit obligatoire lire-écrire-compter à l'âge supposé d'entrée en 6ème pour tous les enfants.

Si vous souhaitez vous opposer à ce projet de loi, signez la pétition en cliquant sur le lien ci-après : https://secure.avaaz.org/fr/petition/Au_gouvernement_francais_dans_son_ensemble_CONTRE_LA_PROPOSITION_DE_LOI_Ndeg_3704_du_27_avril_2016/?feQTMgb&pv=4

Vous pouvez aussi écrire à Monsieur Ciotti ou vous rendre sur son mur facebook. Quiconque le souhaite, peut copier-coller le lien de ce billet à l'attention de Monsieur Ciotti ou tout autre personnalité que vous jugerez utile d'interpeller.

13 commentaires:

Enid a dit…

Comme mon moral était bas ce matin ! J'ai inondé mon réseau web avec cette information. Et j'inonde mon réseau irl avec cette information (d'autant que le pays de Brocéliande est riche en projets alternatifs).

Virginie a dit…

C'est signé et partagé!!

Sandrine a dit…

Signée. Complètement débile ce projet de loi.
Sandrine

Aranna A a dit…

Je n'ai pas d'enfants à l'heure actuelle, mais je trouve cela révoltant. Et pour le "Pourquoi le projet de loi ne propose-t-il pas que les cours dans les écoles hors contrat soient obligatoirement dispensés en français?" : j'ai lu que pour créer une nouvelle école Diwan (il y en a une en cours de création dans le bassin de Ploërmel, elle doit d'abord être "hors contrat" pendant deux ans avant d'être validée. Et comme l'enseignement est dispensé en breton, exit...

Laurence Fournier a dit…

oui, Aranna, je suis bien d'accord. Mais comme pour toute critique, il est bon de proposer des solutions et de faire un pas dans le sens de l'autre...voilà pourquoi j'ai mis ces suggestions dans mon billet.
Une école peut rester hors contrat aussi longtemps qu'elle le souhaite. Le délai des deux ans c'est pour pouvoir passer du hors contrat au statut de contrat d'association avec l'état, permettant ainsi de toucher des subventions et de réduire les frais d'inscription pour les familles, mais par là-même perdre en liberté et en marge de manœuvre...

Bob Rich a dit…

Signe !

Isa LISE a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Isa LISE a dit…

Bonjour Laurence,
D'accord avec le début de ton message.
Par contre à relativiser pour le contrôle à caractère social tous les ans. Ici ça n'aurait pas été un problème puisqu'échange toujours très agréable, mais dans certains endroits ce n'est pas évident... Et il est à craindre que certaines familles seraient plus fliquées que d'autres (toutes celles qui sortent des sentiers battus).
Quant au test correspondant à l'âge/6e, opposée pour différentes raisons :
- principe de liberté pédagogique, on peut choisir de ne pas tester ses enfants tant qu'ils n'y sont pas prêts, c'est ce que nous avons fait et pourtant les deux se sont orientées vers un bac, l'aînée a réussi d'ailleurs l'an dernier sans tests imposés avant...
- caractère aléatoire d'un test, il suffit de perdre ces moyens ce jour là, d'être en mauvaise forme, etc.
- et les dys alors ? Evolution différente qui ne signifie pas carences dans l'instruction...

A titre informatif il y a d'autres pétitions dont au moins une par une asso nationale :
https://secure.avaaz.org/fr/petition/Au_gouvernement_francais_dans_son_ensemble_CONTRE_LA_PROPOSITION_DE_LOI_Ndeg_3704_du_27_avril_2016/?fKQLtbb&pv=4
Bonne journée !

Laurence Fournier a dit…

Bonjour Isa Lise,comme toujours tes posts sont très pertinents. Je crois que tu as mis en lien le même que celui du billet...les grands esprits se rencontrent !
Je comprends très bien tes réticences à l'égard d'un test et elles sont valables et légitimes cependant, voilà ce que je répondrai (pour alimenter le débat, rien de personnel, tu sais que nous nous apprécions par écran interposé depuis longtemps) :
- il n'existe aucun système parfait et satisfaisant tout le monde...
- pour le contrôle social, je comprends ce que tu veux dire mais je maintiens qu'il ne serait pas choquant d'avoir une visite par an. A part quelques rares exceptions, si une famille fait bien son boulot, elle n'a rien à craindre.
- de même je trouve assez anormal que sur le territoire français,de nombreux enfants inscrits à des cpc échappent au contrôle EN. Ce n'est pas parce que tu es inscrit à un cpc que l'enfant est instruit et progresse d'une année sur l'autre...quid des enfants qui ne renvoient pas les devoirs, abandonnent en cours d'année ? le certificat envoyé en début d'année leur permet d'échapper à un contrôle mais il n'y a pas de suivi de la part du cpc pour autant...et on sait très bien que même avec un cpc, c'est tout de même le parent qui prend en charge l'instruction au quotidien. Je ne vois donc pas pourquoi il y aurait deux traitements différents.
- tu peux perdre tes moyens devant un test c'est un fait, mais c'est comme tout, c'est une nécessité, à mon sens, que d'apprendre peu à peu à passer des examens, des tests que ce soit pour un diplôme ou pour un entretien d'embauche. C'est extrêmement formateur. Et là, on leur demanderait juste de lire, écrire, compter à 12 ans, faut quand même rien n'exagérer, ce n'est pas la mer à boire non plus...!
- mes propositions peuvent être complétées. Par exemple on pourrait imaginer que le test s'ajoute au contrôle habituel. Un peu comme une part contrôle continu/examen de fin d'année. Il y a certainement quelque chose à imaginer de ce côté-ci. Il s'agissait plus de pistes de réflexion.
- je n'envisageais pas en fait une modalité du style échec au test = rescolarisation mais plutôt comme un test qui constate un niveau-parce qu'à moment, il le faut- à un instant T qui rassurerait l'EN. Je ne serais pas choquée qu'on vérifie que les enfants sachent lire, écrire et compter à 12 ans. De plus,si tu souhaites scolariser ton enfant en 6ème, le directeur du futur collège sait à quoi s'en tenir. Il pourrait être écrit que les résultats des tests ne doivent pas avoir valeur de sanctions mais de diagnostic. Cela permettrait à tous de savoir où en est l'enfant et d'imaginer- avec l'aide des inspecteurs pourquoi pas-des remédiations s'il y a lieu.
- la dyslexie (ou autres dys) étant diagnostiqués,il est évident que les tests-comme à l'école-seraient adaptés.
- Enfin, l'idée était plutôt ici, de proposer de sortir d'une lutte EN/non sco que je trouve peu constructive et clivante. A moment donné, pour être entendu et rester crédible, il faut savoir faire des compromis et se montrer force de proposition. C'était cela l'idée de fond. Dire toujours non à tout, être dans le retrait pur et simple permanent inquiète le "camps" d'en face et radicalise les positions. Parfois il faut savoir perdre un peu pour ne pas tout perdre...

Isa LISE a dit…

Bonjour Laurence,
Merci pour ta réponse, quelques petites réflexions complémentaires :
- tout d'abord attention tu as écrit "contrôle social", il s'agit d'un contrôle à caractère social, c'est important de nuancer puisque dans le cas de l'IEF il s'agit de vérifier qu'il y a instruction + connaître les motifs de notre choix. Dans l'autre c'est une véritable enquête intrusive destinée aux familles ayant des problèmes.
Sur le fond je n'y serais pas opposée car toujours très bien passé ici (même très agréable moment) mais à condition que ça reste une démarche respectueuse du choix et de la famille. :)

Isa LISE a dit…

Ah tiens mon message est tout de même passé :)
- En ce qui concerne les CPC je comprends ton avis, maintenant depuis la nouvelle circulaire ils sont quasiment tous contrôlés. :)
- Concernant les tests, à partir du moment il y a test ne nous illusionnons pas il y aura jugement et risque de second contrôle si résultats pas conformes aux attentes et justement tous les enfants ne vivent pas bien toutes les attentes, c'était le cas de ma fille aînée qui n'était pas prête à 9 ans ni même à 12 pour répondre à de telles attentes.
Et puis chacun a sa propre progression, ses propres méthodes or les codes scolaires sont des codes scolaires, la formulation d'une consigne a son importance, j'ai aidé suffisamment d'enfants scos en difficulté à cause d'incompréhension de consignes pour constater qu'elles ne sont pas anodines.
Quant aux enfants dys, c'est un sujet que je connais bien et un aménagement quelconque ne résout aucune difficulté, il est plus judicieux d'adapter donc les résultats seront meilleurs avec d'autres approches et du temps accordé ! Et pour ça, je le répète, il suffit de penser à ma grande, dys, bachelière avec un an d'avance et aucun aménagement mais une instruction entièrement adaptée à son profil.
Regarder ce que les enfants réalisent permet de la même manière de savoir ce qu'ils apprennent, discuter avec eux peut-être un compromis.
Bonne journée Laurence !

Laurence Fournier a dit…

Peut-être qu'une autre piste serait d'envoyer systématiquement un dossier à l'inspecteur avant le contrôle et imposer qu'il en tienne compte au moment du contrôle ?

Isa LISE a dit…

Le dossier avant ou pendant me semble une bonne base pour discuter autour de ce qui est fait, c'est en tout cas un outil rassurant pour les personnes en charge du contrôle. Il est vrai que pour ceux qui sont de bonne volonté ce n'est pas facile, pas facile de comprendre comment on peut faire autrement sans utiliser le même manuel qu'à l'école ou le même programme ou les mêmes tests. Au fond même pour nous les parents qui avons été de bons élèves et surtout si nous avons été enseignants ou tentés par cette carrière, on s'interroge aussi avant de tenter autre chose. :)
De mon côté c'est aussi pour ça que j'écris, pour montrer comment on peut apprendre autrement et que oui l'instruction est réelle.
Il me semble important que le contrôle se passe bien, c'est tellement positif pour tout le monde lorsqu'il y a un vrai échange, lorsque chacun essaie de communiquer sans rapport de forces. :)
Bonne soirée Laurence !