L'Instruction en Famille Nombreuse est une Aventure Formidable !

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samedi 20 février 2016

Je réponds


"Ici, IEF commencé depuis les vacances de Noël, avec 3 petits de moins de 4 ans, c'est assez sportif et je suis encore à la recherche d'une organisation optimale. 
C'est difficile de trouver du temps pour chacun, surtout pour ma 4 ans qui a besoin que je sois beaucoup à côté d'elle pour avancer, faire une activité... D'où ma question: Comment aider un enfant "pot de colle" à travailler en autonomie ? Je pratique Montessori et Mason et essaie de lui proposer des activités courtes qu'elle peut faire seule, mais elle recherche sans cesse mon approbation, mon regard, mon avis, ma présence... et concrètement c'est très lourd avec les deux plus jeunes à gérer en même temps."

Merci Anonyme pour cette première question (la prochaine fois, une petite signature ?....).
Je vais tâcher de répondre au mieux en espérant ne pas trop vous heurter...
Trois petits de moins de 4 ans...Voilà de quoi vous occuper !! Voici comment je vois les choses - sachant que je ne détiens pas la vérité, loin de là et que je ne brigue aucun mandat de gourou !

1. Un enfant de moins de 4 ans n'a pas à "travailler en autonomie" ! Il est si petit !!! Il a tant à faire et à découvrir par lui même ! C'est le règne de la liberté, de la découverte, du jeu, de l'informel ! Un petit n'a pas besoin constamment de nous pour vivre sa vie d'enfant que nous avons devoir de lui laisser vivre.

2. Charlotte Mason, que vous dites pratiquer, s'est exprimée à ce sujet : rien de formel avant 6 ans. Cela m'a d'ailleurs amusée de lire que vous aviez commencé l'IEF depuis Noël ...aucun de vos enfants n'a l'âge de l'instruction obligatoire, PROFITEZ EN !! Vous avez peut être parcouru ce blog et vu que mes plus petits faisaient des activités bien avant 6 ans. Cela pour deux raisons : la première est que je ne connaissais pas Charlotte Mason, la deuxième est que j'ai des plus grands qui "font classe", ils veulent donc s'associer et imiter. Les choses ont évolué au fil du temps et de mon expérience. Mes plus jeunes aujourd'hui ont des fichiers en libre accès s'ils veulent faire comme les grands mais la plupart du temps, ils jouent !

3. Mais alors comment faire avec vos enfants ?
  • Tout d'abord, vivez normalement, faites ce que vous avez à faire. Ils vous observeront, ils vous suivront, ils s’intéresseront à ce qui vous intéresse, ils vous imiteront, ils vous abandonneront pour repartir jouer dans leur coin. Ils aimeront les livres parce qu'ils vous voient lire, ils demanderont à écrire parce qu'ils vous voient écrire, ils voudront apprendre le piano parce que vous en jouez etc...
  • Appuyez vous sur la vie quotidienne : les chaussures ne sont pas cirées, montrez lui comment faire et laissez le faire la fois suivante ; les mains sont sales, installez un marche-pied dans la cuisine et montrez lui comment se laver les mains ;  montrez lui comment pendre ses vêtements et demandez lui de le faire quand il s'est mis en pyjama etc...inutile d'imaginer des activités, des ateliers de nouage de chaussures ou de mise sur cintres, la vie suffit ! Et c'est tellement plus naturel !
  • Ensuite, ayez à cœur, de maintenir un environnement riche pour les enfants. Lisez leur des histoires, rencontrez vos amis, visitez des musées, allez au parc, en forêt, au marché, faites du sport ...que sais je encore ! Ouvrez les au monde !
  • Laissez suffisamment (mais pas trop non plus) de matériels, jeux en libre accès : crayons, papier, jeux, puzzles etc...mais aussi gant et savonnette, vêtements, brosse à dents ...
  • Ouvrez les à la nature. Cela ne demande pas grand chose. La plupart du temps, ici, s'ouvrir à la nature, signifie, "mettez vos bottes, votre manteau et allez un peu dehors" En général, je ne les revois que tard dans l'après-midi même s'ils sont sortis en maugréant ! Quand ils rentrent, je leur demande à quoi ils ont joué, ce qu'ils ont vu etc...
  • Apprenez leur ce qu'ils ont besoin de savoir quand vous sentez que c'est le moment pour eux : nouer ses lacets, enfiler son manteau, se laver seul, se coiffer seul etc...apprenez leur à faire seul quand vous sentez qu'ils sont en demande. Il ne s'agit pas d'anticiper mais de les laisser venir.
  • Proposez leur de temps en temps une activité, un jeu avec vous. Il n'est pas utile que cela soit systématique ! Je le fais avec mes plus jeunes quand j'ai le temps. Je les encourage à aller jouer seuls, à s'occuper entre enfants, à se débrouiller, à jouer dans le jardin - qui reste une mine de trouvailles pour les petits. Ils deviennent autonomes, débrouillards parce qu'on ne s'occupe pas tout le temps d'eux.  Ils apprennent en douceur à faire sans nous ! (bien entendu c'est à adapter en fonction de l'âge et du caractère de l'enfant !)
  • Autrement dit l'équilibre est : un peu avec moi et beaucoup sans moi ! Vous devez aussi vous ménager, respirer et ne pas tout faire en fonction de vos enfants exclusivement. N'oubliez pas que votre équilibre, votre zen est une donnée fondamentale dans l'éducation et l'équilibre de vos enfants. A maman calme, enfants calmes.
  • Enfin, il faut savoir rester ferme quand nécessaire. Et ce n'est pas facile de dire "non, non, je n'ai pas le temps de lire une histoire maintenant. Trouve toi quelque chose à faire. Tu peux par exemple faire ceci, ou bien encore cela (d'où l'importance du matériel et des jeux  et jouets en libre accès) etc..." Non, vraiment ce n'est ni facile ni agréable sur le moment. Il faut prendre réellement sur soi. L'enfant part bouder dans sa chambre, répond "mais je ne sais pas quoi faire !" Et c'est parce qu'on a tenu bon qu'au fil des jours et des semaines, il viendra de plus en plus tard réclamer parce qu'il aura développer son imagination. Nous verrons que l'enfant se construit. Il s'agit bien d'Education.


5 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour,
Merci beaucoup pour votre réponse, merci d'avoir pris le temps d'écrire ce long billet sur le sujet. C'est intéressant.
Cela me fait réagir sur différents points :
1) Je dis pratiquer Montessori et Mason, en réalité rien de puriste, je les découvre depuis peu (surtout Mason que je ne connaissais pas du tout) et je m'en inspire surtout... et c'est tout!
2) Vous souriez que je parle d'IEF alors que ma fille aînée a 4 ans, et que dans votre habitude et dans la pratique cela concerne les enfants à partir de 6 ans. Il y a en effet une conversion à opérer selon les personnes auxquelles on s'adresse et j'avoue ne pas avoir changé de paradigme en vous écrivant. En effet, toute personne "lambda" se trouve rassurée que je puisse mettre un nom sur ce que je fais, comme si cela rendait l'affaire plus légitime. Déscolariser pour l'instruction en famille est plus acceptable socialement que déscolariser pour "vivre sa vie d'enfant". J'ai donc pris l'habitude de parler d'IEF.
3) Cela m'amène au point 3... Quand on vous demande de signer la radiation de l'école de votre enfant, quand on vous questionne sans arrêt sur le programme que vous suivez, sur le planning de vos journées, sur votre formation et sur votre vision de l'avenir scolaire voire universitaire pour votre enfant d'à peine 4 ans.... comment dire... je crois que j'ai parfois du mal à garder le cap et à me rappeler combien je dois laisser mes enfants grandir à leur rythme et comme je le souhaite pour eux. Je ne sais pas si vous comprenez ce que je veux dire. Quand bien même je suis convaincue des bienfaits des pédagogies type Montessori ou Mason, il m'arrive d'être rattrapée par mes propres anciens réflexes ou par ceux de mon entourage + ou - proche. A moi de m'en détacher, mais je ne trouve pas cela si facile...
4) en effet, votre expérience est d'autant plus intéressante que vous avez des enfants de tous les âges (ou presque!) et ainsi du recul sur les bonnes ou mauvaises pratiques. Je trouve cela difficile parfois de ne pas douter ou de ne pas se laisser envahir par les doutes des autres... Cela explique souvent mon envie de proposer des choses plus formelles.
5) Avec la fatigue je me rends compte aussi que le formel a un côté pratique (les instits ne me contrediront pas!) car l'enfant est plus cadré et on échappe davantage aux disputes entre frères et soeurs, au papillonnage, etc. Et j'avoue qu'il m'arrive d'espérer pouvoir mettre en place un peu de formel, avoir plus de routine, un cadre peut-être plus carré sur les activités.
6) Et enfin, je ne sais pas de quoi demain sera fait ni pour combien de temps nous partons dans cette aventure (car même s'il ne s'agit pas purement d'IEF et que cela vous semble peut-être rien de plus simple/naturel, ici c'est vraiment vécu comme une aventure, comme un choix à contre-courant!)et je crains de trop écarter mes enfants du système scolaire classique au point de ne plus pouvoir les ré-adapter à une classe EN.
En espérant que cet échange soit utile à d'autres, je vous remercie pour votre investissement sur la toile qui nous est profitable.
Bonne journée !

Anonyme a dit…

Bonjour,

Cet échange est très intéressant. J'aime beaucoup la réponse de la mère poule, que je trouve pleine de bon sens et de sagesse.

Concernant votre 5ème point, si je puis donner mon avis de mère d'enfants rapprochés : s'ils se chamaillent entre-eux, vous pouvez leur apprendre à jouer sereinement ensemble ou à côté. Tout s'apprend ! Et ça vous apportera beaucoup de soulagement et même du bonheur de les voir jouer harmonieusement ensemble. Contourner le problème en leur faisant faire des activités ne vous apportera qu'un répit temporaire et ne résoudra pas le problème.

Je ressens du stress et de la confusion dans votre message. Peut-être que cela vous apaiserait de redéfinir vos objectifs et vos moyens concernant l'éducation de vos enfants ? Quitte à faire appel à cours par correspondance pour votre aînée, si cela vous rassure.

Bonne continuation,
Chloé

Anonyme a dit…

Nous touchons à la limite du net!
Je me suis sans doute mal exprimée !
Je suis tout à fait la ligne de la mère poule, c'est bien pour cela que je lui avais demandé son avis sur la vie/le rythme à la maison avec de jeunes enfants non scolarisés.
Aucune confusion ni stress, c'est simplement que c'est très nouveau pour nous de faire le choix de ne pas scolariser nos enfants et je tâtonne encore pour trouver notre meilleure organisation/solution pour le bien de chacun et de tous.
Bravo si vous avez trouvé la solution pour que vos enfants ne se disputent pas ! Mon point 5 évoquait une tentation de suivre du formel, que je ne souhaite pourtant et justement pas mettre en place !
Ce n'est pas parce qu'on fait un choix que d'une part tout est rose et d'autre part tout est blanc ou noir :-)

Oumou Ali Sajida a dit…

Bonjour
Vous êtes vraiment une unschooleuse dans l âme! Article très intéressant! Je vous remercie.

Laurence FOURNIER a dit…

non, non, je ne suis et ne serai jamais une unschooleuse ni dans l'âme ni en vrai...! Mais je suis pragmatique ! Il y a un avant et un après 6 ans selon moi, c'est tout !