L'Instruction en Famille Nombreuse est une Aventure Formidable !

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lundi 26 octobre 2015

La narration orale



« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Et les mots pour le dire en viennent aisément. » (N. Boileau)
Dans cette citation tout est dit : si j’ai compris, je suis capable de restituer et d’expliquer facilement.
C’est aussi ce que défendait comme précepte Charlotte Mason dont la pédagogie tend à se développer en France de plus en plus. Sa pédagogie s’appuie notamment sur la littérature et la narration orale. Ainsi l’enfant lit puis raconte ce qu’il vient de lire. Il ne s’agit pas ici, de vous faire une formation accélérée de la pédagogie de Charlotte Mason mais bien de voir comment utiliser la narration orale au quotidien.
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L’expression orale permet en effet d’organiser sa pensée, de mémoriser, de synthétiser et en cela prépare à l’expression écrite mais aussi à exposer un point de vue en public (et le défendre!). De plus, c’est beaucoup de temps de gagné surtout lorsque nous avons plusieurs niveaux à gérer : une leçon est lue par l’enfant, puis restituée oralement et correctement ; nous pouvons alors la considérer comme sue et passer à son application. Car la narration orale ne concerne pas uniquement la littérature mais bien tous les domaines d’apprentissage.

Comment s’y prendre ?
Dans le domaine de la littérature, nous pouvons pour tous les âges, distinguer les lectures offertes, des lectures personnelles. Mais dans les deux cas nous pourrons demander une narration.
Dans les autres domaines, nous pouvons faire une leçon à l’enfant ou bien lui demander de lire la leçon lui-même dans le manuel (tout dépend de la leçon et de l’âge de l’enfant) puis nous lui demanderons de refaire la leçon à l’oral, au tableau, debout si possible,  à vous-même, aux autres membres de la famille ou à des élèves imaginaires.
La narration orale peut cependant prendre des tournures plus ou moins variées en fonction de l’âge et de la matière étudiée. Nous pourrons nous éloigner de la simple restitution du texte. Ainsi nous pouvons demander à l’enfant :


Dans le domaine de la littérature :
  • Peux-tu me raconter ce que je viens de lire (ou ce que tu viens de lire) en respectant l’ordre chronologique et sans oublier aucun détail ?
  • Peux-tu me raconter ce que je viens de lire en respectant l’ordre de l’histoire sans donner trop de détails ?
  • Peux-tu me parler de tel personnage ? Que penses-tu de son attitude ? Que sais-tu de son caractère ? Comment ? Pourquoi ?
  • Raconte-moi le début de la lecture. La fin.
  • Que penses-tu qu’il va se passer par la suite ? Pour quelles raisons ? A quoi le sais-tu ?
  • Qu’aurais tu imaginer comme fin ? Comme cadre ?
  • Décris-moi le lieu principal ? le héros ?

Dans le domaine de l’histoire-géo
  • Peux-tu raconter la bataille de Marathon ?
  • Quand et comment a débuté la Première Guerre Mondiale ?
  • Parle-moi de la répartition de la population mondiale aujourd'hui ?
  • Parle-nous de Christophe Colomb.
  • Que sais-tu de la religion des Égyptiens dans l’Antiquité ?
  • Que sais-tu des conquêtes d’Alexandre le Grand ?
  • Peux-tu expliquer ce qu’est un climat tempéré (et où le trouve-t-on, pourquoi ?)
Dans le domaine du français
  • Explique comment conjuguer un verbe du premier groupe au passé composé.
  • Qu’est-ce qu’un adjectif qualificatif ?
  • Peux-tu expliquer ce que sont les propositions ?
Dans le domaine des mathématiques
  • Comment as-tu résolu ce problème ? Pourquoi ?
  • Comment reconnaître un triangle rectangle ?
  • Comment vas-tu t’y prendre pour tracer la figure géométrique demandée ?
  • Parle-moi du théorème de Thalès.
  • Que sais-tu sur les fractions décimales ?
Nous pourrions ainsi continuer longtemps ! Le principe est de valider la compréhension en faisant parler l’enfant. Cela n'a l'air de rien mais cette donnée est FONDAMENTALE. Ensuite et ensuite seulement, nous pouvons passer à la trace écrite et à des exercices s’il y a lieu voire même à une narration écrite (par exemple rédiger un résumé de la leçon) pour les plus grands. Lors de sa narration, l’enfant peut bien sûr utiliser un exemple pour illustrer ses propos. Charlotte Mason recommande d’attendre 6 ans avant de demander des narrations orales. Pour ma part, si enfant plus jeune demande à prendre la parole, je le laisse faire mais je ne l’exige pas.


Pour aller plus loin :
L’importance de la verbalisation : les recherches et les livres d’Elisabeth Nuyts

http://une-annee-avec-charlotte.com/

Article collecté pour les "tutoriels"

Ma liste de living books

Je réponds à tous ceux qui m'ont signalé que le lien ne fonctionnait pas. En principe, les modifications apportées devraient faire que cela fonctionne à présent. 
Il s'agit d'un tableau Pinterest que j'essaie d'actualiser régulièrement.

jeudi 15 octobre 2015

Pratique de la lecture offerte au poulailler

ici

Avertissement : Ce billet est un peu  ancien mais à l'heure où Najat revendique un toilettage des contes et des lectures dans les écoles au nom de la parité, il apparaissait important à Mèrepoule de reparler de la lecture offerte au nom de la COMPLEMENTARITE ! Ma liste de living-books est en accès libre sur Pinterest  (voir dans la colonne de droite "Merepoule est pleine de ressources") et mise à jour régulièrement. Tous les livres qui y figurent ont été lus.

Ce que nous appelons lecture offerte au poulailler est tout simplement le moment où je lis une histoire aux enfants. Merepoule offre un temps de lecture à ses poussins. 
Ces moments sont aussi importants que les matières purement scolaires pour nous, et ils sont ritualisés. Ils marquent le rythme de notre journée. Ils sont différenciés des petits albums que je peux lire ça et là, à la demande, sans visée particulière. 
Bien entendu, le préalable est que, quel que soit le type de lecture offerte, je connaisse les livres que je leur lis ; je les ai sélectionnés avec soin. Je m'attache évidemment à l'intérêt de l'histoire, à la qualité de l'écriture (richesse de la syntaxe, du vocabulaire, tournures de phrases etc...), à la beauté du graphisme s'il y a lieu. J'aime y trouver sinon un souffle épique, au moins une exaltation d'idéaux, de valeurs fondamentales pour la construction de la personnalité de mes enfants. De beaux livres qui les font grandir. Je choisis avec autant de soin les livres de lecture offerte que les petits albums pour les plus jeunes ou les magazines qui entrent dans la maison.
Mes choix ont souvent un lien avec un thème ou un besoin du moment : en fonction d'un sujet évoqué, étudié, une saison, une discussion, un pays, pouvoir prolonger par un film, un documentaire etc...
Les temps de lecture offerte à proprement parler, sont au nombre de 3 chez nous :
1) une vie de saint (début de matinée)
2) contes/légendes/mythologie (début d'après-midi)
3) roman classique de la littérature (avant le coucher)
C'est une sorte de transition entre deux périodes de la journée : ainsi nous entrons dans la matinée de travail par une lecture, idem l'après midi, et avant de nous séparer le soir, nous nous rassemblons pour un temps de lecture.

Dans la pratique :
Le matin et l'après-midi fonctionnent de la même manière. Nous nous calons bien confortablement tous sur le canapé du petit salon, c'est une des pièces de la maison que nous préférons car elle est toujours inondée de soleil. Ces considérations pratiques peuvent paraître superflues mais elles ne le sont pas. Ce moment doit toujours être agréable. Il permet d'ailleurs aux enfants facilement râleurs à l'idée de reprendre le travail, de se mettre en douceur en condition...!
En général, Hippolyte (4 ans) ou Arthus (22 mois) s'installe sur mes genoux. Je demande à un volontaire (nommé au besoin...!!) de rappeler ce qui s'est passé dans la lecture de la veille. Puis, un plus grand enclenche le minuteur pour 10 minutes de lecture. Ils savent que pour ces deux lectures offertes, il y aura ensuite 5 minutes de narration orale. Je lis à un rythme normal à lent, je veille à mon articulation et j'essaie d'intervenir le moins possible dans le récit. Quand je vois ma Gabrielle (5 ans) décrocher un peu, je marque un temps de pause pour expliquer un peu un mot, une phrase, l'enjeu de l'aventure etc... Les enfants ont le droit de m'interrompre pour poser une question ; ce qu'ils font quand ils sentent que ça bloque vraiment. Hormis ces quelques rares ajustements, je n'explique rien, je lis avec le ton sans exagération dans les voix des personnages. Les 10 minutes sonnent, je stoppe la lecture, réenclenche le minuteur pour 5 minutes et demande à un enfant de commencer la narration (ou demande s'il y a un volontaire), puis à un autre de poursuivre. Les narrations concernent tous les enfants (sauf Arthus !), les plus jeunes sont très capables d'expliquer beaucoup de choses et je suis frappée de leur mémoire  et de leur capacité de restitution au fil des mois de lectures offertes.
Pour les vies de saints, j'aime bien ajouter quelques questions sur le sens qu'on peut y voir, pour son âme, dans son propre comportement. 
Parfois, je modifie un peu la narration, en posant plutôt, si l'histoire le permet, des questions sur le caractère d'un personnage, je sollicite leur avis ou leur demande d'imaginer ce qui pourrait se passer par la suite.
Les mythologies (grecques et nordiques en ce qui nous concerne) seront lues et relues plusieurs fois par an jusqu'à les connaitre presque par cœur.
Dans le cas de récit illustré, je montre les illustrations au fur et à mesure de la lecture.

La lecture offerte du soir est un peu différente. Nous nous installons cette fois, à l'étage, dans notre chambre. Les enfants se partagent entre notre lit et le canapé dans lequel je m'installe. Nous avons dîné et les enfants s'apprêtent à se coucher. Là, plus de minuteur, nous lisons un chapitre par soir. Si les chapitres sont trèèès longs, je coupe...Il s'agit donc de temps souvent un peu plus longs de lecture offerte (20 à 30 minutes). Cette fois-ci, c'est moi qui fais un rappel de la lecture de la veille et réexplique les passages un peu compliqués pour être certaine que les plus jeunes suivent. Puis je lis de la même manière que pour les autres lectures offertes de la journée. Je prends le temps d'expliquer les passages les plus complexes si besoin. Parfois, j'aime attirer leur attention sur la façon dont l'auteur a exprimé quelque chose (par exemple, la façon dont un paysage est décrit, dont il nous fait "entrer" dans l'histoire). Le chapitre terminé, les enfants, parfois interviennent, donnent un avis, demandent une explication mais parfois rien ! Et c'est tout. Point de narration, point de minuteur.
Volontairement, je ne choisis pas l'album de jeunesse ou de petits romans pour enfants (ceux-là, ils les lisent seuls) mais des classiques de la littérature ou des living books c'est à dire des récits d'expériences, de vie. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, passés les premiers doutes, les enfants accrochent vraiment quel que soit le degré de difficulté de la langue. Il y a tellement de trésors à leur faire découvrir !
Lorsque je ne peux pas lire le chapitre du soir, un grand ou mon mari prend le relais.

Quels sont les bénéfices constatés?
-les enfants enrichissent leur vocabulaire de manière toute naturelle.
- les enfants développent très rapidement leur mémoire, leur capacité de restitution.
- les enfants développent une expression orale construite et fluide. Ils apprennent à s'exprimer avec aisance.
- les enfants engrangent de nombreuses connaissances dans de nombreux domaines. Un seul livre permet à l'enfant d'apprendre sur de nombreux sujets, il fera lui même les connexions.(par exemple, Croc Blanc, en apprend autant aux enfants sur les loups que sur le Grand Nord, sur les travers humains, sur la rudesse de la vie des chercheurs d'or, sur l'observation de la nature, etc...)
- les enfants s'apaisent avant d'aller dans leur chambre et dormir.
- les enfants développent peu à peu un vrai amour pour la lecture et la littérature. En général, une fois couchés, ils lisent encore dans leur lit...! Même les plus petits demandent un livre à lire avant de dormir !
- les enfants développent une réelle sensibilité au beau, un émerveillement, de la curiosité.
- tout ceci les mènera à développer l'expression écrite.

Que vos enfants soient scolarisés ou non, je ne peux que vous encourager à faire l'expérience de la lecture offerte de livres littéraires. Ce sont des moments à partager en famille, bien plus enrichissants que la télévision, les jeux vidéos, l'ordinateur ou la tablette ! Tant pour la santé mentale que physique ! Les livres de poches ne coûtent pas cher (en plus on peut les trouver d'occasion ou en bibliothèque), s'emmènent partout. Même en voiture ou au camping, on peut pratiquer la lecture offerte !
 
Article collecté pour les "tutoriels" du Collectif l'Ecole est la Maison



Si ce post vous a plu, vous pouvez lire aussi cet ancien article:Le Grand Nord

jeudi 8 octobre 2015

Comment tout a commencé ?

"Allez, dépêchez-vous ! C'est l'heure !" ...Réfléchissez : combien de fois prononcez-vous cette phrase? Combien de fois par jour vos enfants vous entendent-ils prononcer ces mots à leur intention?
C'est comme ça que tout a commencé...
Un matin, j'ai prononcé le "dépêchez-vous" de trop...celui qui résonne sans fin pendant que nous faisons le trajet. 20 minutes à pieds, 2 écoles à desservir, soldées par un "au revoir maman, à ce soir" tristounet même si je veille à toujours  leur dire "amuse-toi bien".
C'était Eloi, 6 ans, qui avait fait sa rentrée au CP quelques mois auparavant...sans moi...je faisais, moi aussi, ma rentrée dans ma classe de moyenne section...La baby-sitter s'était chargée de le déposer dans sa nouvelle grande école où pour la première fois, en plus de découvrir une nouvelle classe, une nouvelle maîtresse, un nouvel établissement, une nouvelle cour de récré, de nouveaux enfants, il lui avait fallu découvrir la cantine et l'étude du soir. Le tout dans la même journée car maman travaillait...elle était maîtresse...il fallait qu'elle accueille ses nouveaux petits élèves...les enfants des autres...Mais depuis quelques jours, plus de baby-sitter, maman est en congé maternité, elle accouchera bientôt.

" Dépêchez-vous !"
Eloi s'ennuie au CP. Il sait déjà lire, écrire, compter. Les enfants lui parlent peu ou pour se moquer. Il n'aime ni le foot ni les jeux vidéos. Il aime la littérature, la forêt, les chevaliers, les pirates, l'imaginaire, jouer avec ses playmobils. Il est loin des préoccupations des enfants de son âge dans la cour de récréation.

"Dépêchez-vous !"
Maman aussi se dépêche ! Se dépêche de se lever, se dépêche de ranger, de partir, de rentrer, de faire les courses, pas le temps...! Pas le temps pour les enfants le mercredi ni le soir...il faut faire les "fiches de prép" pour la classe..."mes enfants? Je les adore ! Mais pas plus de 2 heures par jour !"

Et puis il y a eu le "dépêchez-vous" de trop...A quoi bon? Quelles relations familiales voulons-nous ? Où est passée l'enfance ?
Dépêche toi d'aller t'ennuyer à l'école-mais si tu verras, c'est chouette- pour que maman puisse travailler ; gagner les 200€ qui lui restent quand elle aura régler la baby-sitter du matin, la garderie du soir pour les plus petites, l'étude du soir pour le grand, les cantines, les surgelés et autres plats préparés (ben, oui, quand cuisiner ?) ...

"Dépêchez-vous !"
Le fichier de mathématiques était bien rempli, les notes étaient excellentes. Je me suis aperçue en milieu d'année qu'il était incapable de m'expliquer ce que signifiait additionner ou soustraire. Il savait exécuter la tâche, appliquer le modèle...on avait fait de mon fils un bon technicien...mais il était incapable de donner du sens à ce qu'il apprenait!

"Dépêchez-vous!" 
...Non....!!! Ce n'était plus possible...!! Avant les enfants des autres, je devais m'occuper des miens. J'étais une bonne nounou...je voulais être pleinement mère.

En cherchant bien, nous avons tous de très bonnes raisons de vouloir nous lancer un jour dans l'instruction de nos enfants.
Pour nous, c'était :
- l'ennui et les difficultés relationnelles de notre aîné
- le niveau scolaire des 2 aînés, en avance, ils allaient s'ennuyer ferme
- l'impression de leur voler leur enfance
- le besoin de passer plus de temps ensemble pour mieux se connaitre et s'apprécier, être une famille.
Pour d'autres ce sera :
- la vie à l'étranger
- le handicap
- la phobie scolaire
- les difficultés d'apprentissage
Enfin, l'enfant peut se sentir bien à l'école mais on peut trouver qu'il n'y apprend pas grand chose ou d'une manière qui ne convient pas.
Dans tous les cas, c'est l'envie de proposer autre chose, de faire autrement qui nous unit.




lundi 5 octobre 2015

S'ennuyer #2



Dans mon précédent billet, j'abordais la question de l'ennui des enfants dans son sens le plus large à la suite d'une émission de radio à laquelle j'avais été invitée à participer. Si l'ennui n'est ni indispensable ni incontournable, il n'en demeure pas moins qu'il peut nous arriver à tous de le rencontrer parfois et qu'il est donc bon de développer chez nos enfants des qualités sur lesquelles s'appuyer pour s'ennuyer moins et moins longtemps : tenir leurs sens en éveil, apprendre à utiliser leurs mains, éveiller leur intérêt pour les choses les plus anodines, susciter leur curiosité, entretenir la soif d'apprendre.

Si l'ennui peut trouver un écho finalement positif dans notre quotidien, il n'a en revanche pas sa place à l'école. Nous sommes nés pour apprendre. Toute notre vie nous apprenons ! Et nous aimons cela ! Comment donc se fait-il que nos enfants s'ennuient dans le "sanctuaire des apprentissages"??
D'aucun rétorqueront que tous les sujets abordés en classe (quel que soit le niveau) ne sont pas d'intérêt égal et que donc il est normal de s'ennuyer. Je pense, moi, que ce n'est pas sur le choix des sujets qu'il faut travailler mais sur la manière de les transmettre. Cela demande donc au corps enseignant d'accepter de faire des remises en question régulières sur leur pratique. Quand dans votre classe, la moitié de vos élèves sont tout à autre chose qu'à vous écouter, il faut tout de même se demander si la manière dont vous faites votre cours est intéressante ! Ceci est valable de la maternelle aux études supérieures et même après! Ne vous est-il jamais arrivé d'assister à une conférence sur un sujet qui aurait dû vous intéresser et en fin de compte vous ennuyer mortellement ? Il ne suffit donc pas de maîtriser un domaine pour être un bon enseignant. Un bon enseignant doit un  passeur enthousiasmant des savoirs, un bon orateur aussi. L'enseignant se doit d'être enthousiasmé par ce qu'il enseigne. L'ennui, la morosité, la critique, l’énervement sont communicatifs...mais bonne nouvelle : l'enthousiasme et le joie se transmettent, rayonnent eux aussi. Au professeur donc de redoubler d'enthousiasme face à sa classe ! Cela déteindra forcément à moment donné sur ses élèves.
Il faudrait également s'interroger sur l'organisation mise en oeuvre dans sa classe. Savez-vous qu'un homme ne peut se concentrer efficacement plus de 20 minutes ? Savez-vous que (selon les ostéopathes) l'homme n'est physiquement pas fait pour rester plus de 15 minutes d'affilée assis ? Que pouvons-nous proposer ? Najat, c'est pour vous....:

- imposez des petits effectifs dans les classes. De la maternelle à la terminale, nous ne devrions pas avoir d'effectifs au-delà de 17 élèves maximum. Idéalement 15. C'est le préalable à toutes les réformes possibles. Des cours de langue vivante à 30 : une aberration !!! 

- organisez des séances courtes, bien rythmées, alternées (écrit/oral, nouveauté/révision, réflexion/mémorisation etc...)15 à 30 minutes en primaire, 40 minutes en secondaire. Cela permettrait de voir plus de matières dans une journée, plus de variété.

- rendez les enfants davantage acteurs. Faites les bouger, faites les participer ! 

- favorisez le travail en petits groupes MAIS pas n'importe comment ! En effet si vous décidez d'expliquer une notion et que vous regroupez des élèves ayant déjà compris et d'autres non. Les élèves pour qui cette notion est acquise vont copieusement s'ennuyer ! Si vous décidez de regrouper les élèves qui devront préparer un exposé ensemble, il faudra veiller à la prise de leadership...sinon un fera les autres regarderont ou papoteront parce que notamment ils s'ennuieront.

- laissez davantage chacun avancer à son rythme avec un plan de travail chaque fois que cela est possible. Raisonnez par objectifs à atteindre et faites le point régulièrement avec les élèves que vous tuteurez. Cela est davantage valable dans le secondaire. Mais tellement efficace et valorisant. Ils ne sentent plus infantilisés, considérés comme inférieurs devant tout attendre du professeur. De l'autonomie, de la vraie ! Combien de professeurs reprochent à leurs lycéens de ne pas être autonomes tout en leur demandant de présenter leur cours comme ci ou comme ça, de prendre des notes de telles manières, de recracher le cours par cœur sans changer une virgule etc...vos lycéens ne sont pas autonomes parce que depuis la maternelle ils sont conditionnés pour ne pas l'être !!!

- relevez le niveau d'exigences. Et oui, arrêtons de prendre les enfants pour des crétins...!! Nos enfants s'ennuient parce qu'ils ne sont pas suffisamment nourris.

- donnez du sens aux apprentissages: approche concrète encore et toujours des notions et ce pendant longtemps !! Du matériel en primaire certes mais quid du collège, du lycée? Combien d'élèves se demandent à quoi servent les nombres relatifs ? L'étude des fonctions? Aux professeurs de placer leurs élèves dans des cas concrets : "si tu as des dettes...si tu dois contracter un emprunt et que tu souhaites savoir ce que tu vas rembourser...si tu fais des travaux dans une maison et que tu veux savoir quand tu auras amorti,  etc...si tu veux expliquer ce que tu as aimé dans ce livre etc..."

- placez la littérature et l'expression orale au centre des emplois du temps. De ces deux domaines, découlent les autres : la bonne orthographe, la richesse du vocabulaire, la construction du raisonnement, l'expression écrite, le goût de la lecture, le goût et la qualité de l'écriture, la culture générale, l'imagination fertile, la créativité, l'ouverture d'esprit....cela ne vient bien entendu du jour au lendemain, mais persévérez dans cette voie et vous aurez des résultats assurément. Avec un préalable : bien choisir les livres !!!

Autrement dit si conjointement les parents et école s'attachent à entretenir l'émerveillement et la curiosité naturelle des enfants, il est très probable qu'ils s'ennuieraient moins. Je ne dis pas que cela est facile ! Il faut faire preuve de patience...mais n'est ce pas l'éducation que d'élever (conduire plus haut) avec patience ?

vendredi 2 octobre 2015

Je réponds: où trouves tu des textes de dictées?

Où trouves-tu tes textes de dictées ? 

Pour mes CE2 renforcé/CM1 ici ...


un manuel ancien normalement destiné aux CE1/CE2 que j'utilise pour un niveau supérieur mais ce n'est pas du luxe...!!! Nous travaillons le texte toute la semaine, puis faisons la dictée le vendredi suivie d'une correction qui consiste à expliquer les erreurs puis à copier les mots corrigés 5 fois, puis enfin les réécrire sous la dictée sur l'ardoise ou me les épeler (c'est eux qui choisissent).

Pour ma CP : nous alternons dictées muettes et dictées classiques, toujours préparées. Les textes sont de mon cru et je n'utilise aucun mot qu'elle n'ait pas lu plusieurs fois auparavant dans ses textes de lecture.

Leçons au jardin

Observons, photographions... Voilà plusieurs jours qu'elle s'est installée près de l'entrée...photos prises par les enfants




Il fait encore beau, nous passons donc nos après-midi de classe à travailler dans le jardin, au soleil...un pur bonheur ! Notre dernière leçon de sciences était une leçon de chose : la fourmi. J'essaie, chaque fois que cela est possible, de regrouper tous les enfants pour les leçons "d'éveil". Nous sommes donc sortis, ce jour-là, pour étudier la fourmi. Observations directes puis complément d'informations avec le livre de Découverte Du Monde de la Librairie des Ecoles et un numéro de la Petite Salamandre (encore elle !!). Les enfants ont ensuite dû dessiner et légender dans leur carnet d'observations scientifiques. Tout cela au soleil, pendant que tout petit poulet sautait sur le trampoline et que grande poulette étudiait une leçon d'histoire allongée dans l'herbe...!

Ambroise

Gabrielle

Marthe

Hippolyte


S'en est suivie une petite discussion de philosophie. Au programme : la règle d'or. "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse".
Peu à peu le rythme se prend et nous arrivons presque à faire tout ce qui est prévu dans une journée...!

Diviser

La division prend une tournure très concrète pour Petite Poulette...