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"Comment vérifiez-vous l'assimilation du vocabulaire s'ils n'écrivent pas la définition, ni ne notent les phrases-exemple ? Faites-vous un contrôle périodique ?"


Je vous remercie de votre question que j'ai trouvée très pertinente car très révélatrice du formatage scolaire dont nous sommes tous victimes dès lors que nous sommes passés par l'école...! Je pensais donc qu'elle méritait un billet comme réponse !

Tout d'abord votre question est intéressante car elle induit que pour mémoriser, l'enfant doit nécessairement passer par l'écrit. Si nous poussons ce raisonnement jusqu'au bout, cela suppose donc que tant que l'enfant ne sait pas écrire, il ne peut ni mémoriser ni acquérir de vocabulaire...Comment apprend-il à parler? Comment acquiert-il du vocabulaire avant 6-7 ans ? Il n'en a pas? Il ne l'utilise pas? 

Le système scolaire s'est trop longtemps appuyé sur la mémorisation visuelle uniquement. Cela convient à certains mais pas à tous. La réalité est que c'est bien commode de tout faire écrire quand on a une classe...et puis nous avons toujours fait comme ça...et puis les parents peuvent voir...et puis l'inspecteur peut contrôler...la réalité est bien celle-ci et aucune autre ! C'est comme cela que vous retrouvez tant d'adultes qui bien qu'ayant écrit tant de résumés de leçons, de conjugaisons et de listes de mots, vous demandent comment s'écrit tel mot ou sont incapables de vous donner une date historique ou vous parler précisément des Gaulois ! Où est l'assimilation ? Il n'y en a pas eu !

Pour beaucoup d'entre nous, bien souvent, nous sommes encore capables de réciter des poésies apprises jeunes ou des proverbes ou des citations, non pas parce que nous les avons copiés mais bien parce que nous les avons répétés et répétés encore !

Nos enfants apprennent du vocabulaire dès que et d'abord parce que nous leur parlons : ils écoutent les conversations des grands, ils posent des questions, ils observent et demandent (à table, en voiture, pendant les lectures, à la messe, en promenade, au supermarché etc...). A nous donc d'avoir un langage riche et de qualité !

Je ne pense pas non plus vous apprendre que nous ne mémorisons pas tous de la même manière: certains sont plus auditifs, d'autres plus visuels, d'autres encore ont besoin des deux. Voilà pourquoi, je demande aux enfants de lire en silence ET à haute voix le mot, de me l'expliquer oralement, de l'épeler ET de l'écrire sur la feuille et l'ardoise. De plus au moment de l'expliquer bien souvent, ils utilisent un exemple. Leur faire écrire la phrase n'apporterait rien de plus. Mais de cette façon, qu'ils soient auditifs, visuels ou les deux, ils auront un moyen de mémoriser.

Le choix des mots à chercher est important parce qu'il doit susciter l'enthousiasme. C'est avec enthousiasme qu'on apprend le mieux ! J'ai donc privilégier des mots que je pensais qu'ils pourraient trouver amusants à prononcer ou à utiliser ou qui prêtent à confusion ("oh , je ne pensais que ça voulais dire ça!"). Par exemple, cette semaine, ils ont pioché: carlingue, affubler, luciole, luette, châtier (et non, ça ' rien à voir avec les chats !) etc...

Pour ce qui est du contrôle, il se fait en deux temps 
- tous les 5 mots, au lieu d'en chercher un nouveau, nous faisons un rappel individuel (puisque la pioche fait qu'ils ne travaillent pas le mêmes mots) des mots vus .
- tous les mois, nous organisons un concours de mots du jour (j'y reviendrai dans un autre billet)

Enfin, lorsque par bonheur, un de ces mots apparaît dans une lecture, nous pouvons faire un rappel de ce mot. La répétition reste le meilleur moyen de fixer à long terme. Et les enfants aiment quand ils repèrent dans un article, une conversation, une lecture un mot appris.

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