L'Instruction en Famille Nombreuse est une Aventure Formidable !

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mercredi 13 avril 2016

La transmission est elle un vilain mot?

Je remonte cet ancien post aujourd'hui pour répondre à plusieurs mails.

Je ne comprends pas ce désamour de la transmission...il serait irrespectueux vis à vis de l'enfant de lui transmettre des savoirs au lieu de le laisser chercher...?! La vie est pourtant faite des deux..."mieux vaut un qui sait que cent qui cherchent" (ma grand-mère)
L'enfant apprend naturellement, cela s'est fait pendant des millénaires, sans école, l'enfant a bien appris sans moi à parler ou à marcher....Bien des phrases entendues...qui me laissent totalement perplexe !
L'enfant marche ou parle par imitation, marcherait-il debout ou parlerait-il sans nous autour de lui ? Non, l'enfant parle bien parce que ses parents en premier lieu, lui ont parlé, ont repris sa prononciation, sa syntaxe, ont nommé les objets, ont enrichi son vocabulaire. La curiosité est naturelle à l'enfant mais l'enfant n'est pas un adulte, il lui manque cette merveilleuse chose qu'est l'expérience. Il est de notre devoir de parents d'équilibrer entre transmettre et le laisser chercher, faire sa propre expérience.

Pendant des millénaires, l'enfant n'allait pas à l'école mais pour autant il n'apprenait pas de manière "tout à fait naturelle, dans les domaines qui l’intéressaient"... "Mozart n'est jamais allé à l'école!" entend-on souvent comme argument des pratiquants du unschooling. En effet, Mozart n'est jamais allé à l'école mais il recevait un enseignement très structuré et exigeant, de type scolaire dispensé par son propre père à la réputation d'homme austère et sévère...ne nous trompons pas: les enfants des classes aisées recevaient un enseignement infiniment plus exigeant qu'aujourd'hui par des précepteurs, les autres enfants n'apprenaient ni à lire ni à écrire. Ce qui différait d'aujourd'hui n'est pas la transmission de connaissances ("qui n'avait pas cours autrefois et qui se ferait aujourd'hui pour le soit-disant plus grand malheur de nos enfants")mais la façon dont cette transmission se faisait. Nous sommes passés d'un système d'instruction privée/ absence d'instruction à l'instruction privée/scolarisation gratuite pour tous.

Et quand bien même, il ne recevait pas d'instruction, l'enfant de classe populaire apprenait quand même avant tout par la transmission ! Le fils de paysan n'avait pas d'autre choix que de suivre son père et son apprentissage commençait très tôt ! Son père n'attendait pas que pousser la charrue l'intrigue ou l’intéresse pour lui apprendre les gestes !! L'apprenti chevalier rentrait au service d'un chevalier expérimenté à l'âge de 7 ans et il lui fallait près de 11 ans d'enseignement et d'apprentissage pour devenir à son tour chevalier. Cela est vrai pour tous les métiers : les maîtres transmettaient la connaissance à des enfants qui n'avaient bien souvent pas le choix...les mères transmettaient à leurs filles etc...Est-ce à dire que tous ces enfants sans exception étaient malheureux?

Suis-je la seule à m'étonner et à me scandaliser quand un enfant de 11 ou 12 ans ne sait pas encore lire parce qu'il n'en avait pas le souhait ? ?!! Quelle irresponsabilité ! Un enfant a très tôt l'envie d'écrire et de lire, mais cette période sensible est furtive et si le parent n'y prête pas attention, il rate l'étape et il peut être ensuite difficile de motiver l'enfant. C'est pour moi le priver d'une grande liberté et d'une grande autonomie que de le maintenir dans l'illettrisme aussi longtemps!


Pour poursuivre votre réflexion

14 commentaires:

camille sainte-beuve a dit…

je vais faire mon impertinente ;-) mieux vaut un qui sait que 100 qui cherchent non?

sandrine a dit…

De nos jours, la transmission de connaissances est un sujet tabou dans l'EN, le constructivisme fait rage. On leurre l'enfant en lui faisant croire qu'il n'a aucun effort à fournir, on le maltraite en ne répondant pas à son besoin de connaissances, on le perd en n'adoptant pas un enseignement explicite et progressif. On lui ferme la porte du monde des Lettres, des beaux textes,en refusant de lui apprendre à lire avec une méthode simple et structurée et en lui faisant croire que lire c'est deviner.
Heureusement de nombreux professeurs (ex:le GRIP) ne courbent pas l'échine devant le Mammouth et continuent à enseigner, à transmettre.

Laurence Fournier a dit…

Merci Camille ! Je tape tellement de trucs à la fois en ce moment, que je finis par écrire des bêtises ! Correction faite.

Je partage globalement votre avis Sandrine. Il me semble cependant que les méthodes "anciennes" ne permettaient pas à l'enfant de chercher, de triturer, d'expérimenter, de réfléchir, on avait atteint le paroxisme de la transmission, maintenant nous en sommes exactement à l'opposé. Dans les deux cas, je ne veux pas jeter le bébé avec l'eau du bain mais trouver un juste équilibre. L'enfant n'est pas non plus un vase qu'on remplit...mais bien un feu qu'on allume. La transmission ne doit pas étiendre l'éteincelle, le goût de la recherche, le plaisir de la curiosité.La transmission n'est pas forcément de répondre à la question posée par l'enfant mais de lui dire où et comment chercher, il trouvera seul un début de réponse que nous pourrons enrichir. Voilà comment je vois mon rôle.Nous le construisons ensemble, nous nous construisons ensemble. C'est mon constructivisme à moi...!

Sab a dit…

Si l'on trouve un équilibre entre apprentissages scolaires et autonomes, l'enfant s'y retrouvera forcément et nous remplirons pleinement nôtre rôle de parent dans leur accompagnement.

Brune Grandir pres du chataignier a dit…

Je suis entièrement d'accord avec cet article. D'ailleurs transmettre est merveilleux!

Enid a dit…

Bon, ça fait une dizaine de fois que je tente de rédiger un commentaire pertinent et construit. Je laisse tomber, juste merci pour la belle série d'articles de ces derniers jours. :-)

Anonyme a dit…

Mon fils a 8,5 ans et ne sait toujours pas lire. J'ai baigné dans les pédagogies différentes pendant mes études en sciences de l'éducation. J'ai été séduite par le principe de la période sensible de la lecture.
Mais voilà. Si mes deux filles ont appris à lire rapidement et respectivement à 6,5 et 7,5 ans, mon fils lui, n'est pas motivé.

Il est cognitivement prêt. Je le sais, il y a quelques mois non, maintenant il pourrait. Je pourrais le prendre tous les matins avec moi pour lui enseigner la lecture, ce serait laborieux mais il y parviendrait.

Soit. Sauf que j'ai vu sa sœur jumelle décider à apprendre à lire, me tanner plusieurs fois par jours avec un livre de lecture pour apprendre. En 3 mois c'était fait, on n'a même pas parcouru plus d'un quart du livre, le reste de l'apprentissage s'est fait avec tous les autrs supports de la vie.

Alors pourquoi nous contraindre, mon fils et moi à un travail laborieux et quotidien ?

D'autant qu'il développe une autre forme d'intelligence, celle que nous avons oublié depuis que nous savons lire.
Dès lors que la lecture est acquise, notre cerveau privilégie cette façon de récolter l'information, au détriment des façons plus instinctives. Quand on sait lire, on va à l'essentiel, au message écrit.
Mon fils lui, est tellement plus observateur, plus malin, plus instinctif que nous !
Il décode le monde avec un autre code, il voit les choses autrement. Sa vision est riche. Et je mets au défi quiconque de se rendre compte qu'il ne sait pas lire dans des situations du quotidien ! Même en voyage, peu de choses lui échappent.

Je ne suis pas irresponsable. Quand il saura lire, un autre monde s'ouvrira à lui. A ce jour, nous nous ouvrons au sien.

Mon garçon a toujours pris son temps pour tout, pour marcher, pour parler, pour perdre ses dents. Il a son rythme d'acquisition. Il est très fin dans ses analyses, à déjà des raisonnements philosophiques, sait mener à bien un projet, construire un raisonnement mathématique... Mais il ne lit pas et n'écrit pas.

Laurence Fournier a dit…

Je vous remercie d'apporter votre éclairage au débat.Vous aurez compris à la lecture de mon post que je ne partage absolument pas votre façon de voir mais elle reste néanmoins respectable et peut être nécessaire pour certains des lecteurs de ce blog. Donc merci à vous. Il eut été sympatique de signer votre commentaire d'un prénom...

cindy a dit…

on ne peut plus d'accord , d'ailleurs c'est là une des contradictions du unschooling
- l'enfant à un désir d'apprendre naturellement
- l'enfant est curieux

En partant de ces convictions de base, il serait automatique que la lecture soit une des premières choses qu'un enfant veuille apprendre . Étant donné que c'est la clé de déchiffrage de tout les autres savoir .

Idem pour la gestion des écrans , on entend de plus en plus que les écrans sont mauvais etc.... ( tout dépend de leur utilisation mais c'est un autre sujet) . Donc sans lecture, une partie des savoir est dispensée par les écrans
et une contradiction de plus ....

Étrangement , mes enfants ont tous été ravis d'apprendre à lire et écrire et ce de manière très formelle . Ils avaient ce désir profond, d'accomplir l'impossible, de lire seuls comme des grands.

Enfin la "découverte" du savoir par l'enfant, pfff me laisse très dubitative, les derniers programmes scolaires le matraquent à chaque page/chapitre , et on voit les résultats de plus en plus catastrophiques , donc pour moi ce n'est pas la méthode mais bien son emploi qui fait la différence .

Jehanne Pirnay a dit…

Excellent billet! Avez vous lu l'ouvrage de François-Xavier Bellamy, Les Deshérités? Sur le sujet de la transmission, il est une pointure! ;)

Laurence Fournier a dit…

oui Jehanne je suis en train de le lire. Et je ne partage pas tout ce qu'il dit...je suis globalement d'accord mais je pense que la bonne posture, la solution est à la croisée des chemins...Je crois la transmission fondamentale, je suis en opposition totale avec ce courant très actif qui milite pour une "déséducation" et qui place l'adulte comme un méchant despote tout puissant qui annihile et inhibe l'enfant...faut peut être rien exagérer...mais je crois aussi que l'enfant a le droit d'être considéré comme une personne, que sa parole a de la valeur et qu'il faut l'écouter, que nous pouvons respecter son rythme...de la liberté dans un cadre clair et défini encore et toujours.
De plus j'étais ravie de réactiver mes connaissances en philo...je me suis délectée de relire que Rousseau prétendait haïr les livres tout en en écrivant...un peu comme coca cola soutient la nutrition santé...!!

Anonyme a dit…

Hi! Hi! Je dois être amnésique! Je viens de voir que je t'i laissé un commentaire. On doit être en symbiose ou alors ton article a pénétré mon insconcient! Je te redis que cet article est magnifique. Amnésique, mais tu remarqueras: cohérente!!! :D

Brune

Laurence Fournier a dit…

Non, non Brune, ce n'est pas de l'amnésie ! Il s'agit d'un billet ancien que j'ai fait remonter pour répondre à certains mails reçus. Ton commentaire date de 2014...! Mais en effet tu es cohérente ...!! Et, oui, je pense que nous sommes plus ou moins en symbiose

The Couillard's family a dit…

Mon fils de 7 ans tout juste ne sait pas lire. Après avoir passé 6 mois au CP la maîtresse a baisser les bras et a préféré demandé un avis psy (qui n'a rien trouvé d'anormal dans son développement ni dans le test wisc et m'a conseillé de le changé d'établissement. Ne pouvant pas le mettre en privé et la commune refusant de payer les frais de scolarité d'un autre établissement je n'ai pas pu le changer d'école! Il est donc à la maison depuis février.
De puis février je me bats pour lui redonner le goût de l'apprentissage, le goût de partager, l'envie de s'ouvrir aux autres et de ne plus avoir peur de dire une bêtise. La maîtresse lui a marteler qu'il était nul et qu'il n'y arriverait jamais en le laissant de côté voir en le mettant à la sieste avec des maternelle!(école de campagne qui va de la TPS au CP inclus) En septembre il ira en CE1. Je compte sur les 2 mois d'été pour le débloquer et enfin qu'il ose lire.