L'Instruction en Famille Nombreuse est une Aventure Formidable !

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dimanche 9 mars 2014

Je réponds : dans vos jupes

"Ce n'est pas en les gardant dans vos jupes que vous allez les rendre autonomes !"


Je réponds :
Est il bien vrai que je les garde dans mes jupes ? ? L'autonomie d'un enfant ne s'acquière-t-elle qu'à l'extérieur de la maison et sans les parents? Les enfants scolarisés sont-ils plus autonomes ? L'école fait-elle des adultes plus autonomes ??
La réponse est NON !!
Au poulailler, les poussins prennent leur autonomie peu à peu, à leur rythme, et papa et maman poule, s'efforcent simplement de les accompagner dans cette voie en mettant en place tous les outils nécessaires. Nous leur laissons d'ailleurs beaucoup de liberté (de mouvements, de paroles...).
Ils nous semblent important de veiller avant tout à ce que leur réservoir affectif soit toujours rempli car nous pensons qu'un enfant aimé, qui se sent en sécurité, grandira sereinement et deviendra un adulte autonome, équilibré et responsable.
Permettre à un enfant d'être en sécurité ne siginifie pas le placer sous cloche, le couver. Cela signifie l'aider peu à peu à faire face à chaque "nouvelle épreuve" en lui donnant les clés pour l'affronter. Un petit exemple concret : il ne s'agit pas d'empêcher un enfant de traverser la rue mais bien de lui apprendre comment la traverser, en lui indiquant la marche à suivre, les dangers existants et lui affirmant la pleine confiance que nous avons en lui pour qu'il y parvienne. C'est aussi le lui apprendre graduellement, ne pas le lâcher seul du jour au lendemain...quelle angoisse pour lui ! Quelle confiance peut il avoir alors en l'adulte (celui qui sait, celui qui a l'expérience qu'il n'a pas encore).
C'est ainsi que nos jeunes et même très jeunes poulets peuvent partir une semaine de la maison sans inquiétude, sans manque et même sans besoin de nous téléphoner car ils  sont partis avec un réservoir bien plein, sans angoisse.
On pourra toujours me répondre que les enfants scolarisés se font très bien à la séparation (souvent longue, garderie-cantine-garderie ou centre aéré, colo etc...). Non, ça n'est pas leur rythme ! Ils ne s'y font pas, ils luttent parce que les adultes en leur ont pas laissé le choix. Ils survivent en quelques sortes. Comme des enfants survivent à des épreuves bien plus grandes, mais les séquelles demeurent et ce n'est pas parce qu'on survit que c'était bien ! Est il acceptable de voir tant d'enfants pleurer au seuil des écoles  ou des crèches ?
N'avez vous pas croisé de ces jeunes adultes incapables de "couper le cordon", de "gros bébés  comptant toujours sur papa-maman" ?Je suis toujours frappée de voir tant d'adultes qui ne sont pas autonomes...des adulescents, des "tanguys", pourtant scolarisés pendant des années et "autonomisés" par leurs parents le plus tôt possible. Et en premier lieu, pour la propreté, imposée sans respect parce qu'il faut absoluement pouvoir le mettre à l'école à 2ans 1/2. Je ne peux pas m'empêcher de penser (et souvent leur histoire personnelle me donne raison..) que ceux-là n'ont pas leur réservoir affectif suffisamment remplis étant petits et que c'est à l'âge adulte qu'ils se rattrappent.
Le problème est bien là : nous ne partons pas de l'enfant, nous partons de nos besoins et nécessités d'adultes en faisant fi du rythme de l'enfant.
Aider l'enfant à devenir autonome ne signifie pas simplement faire ses lacets tout seul ou traverser la rue. Cela signifie aussi être capable de gérer sa solitude, surmonter ses peurs et en premier lieu celle de l'inconnu, prendre de l'assurance, gérer son temps, jouer seul etc...plus tard cela donnera un ado puis un adulte capable de gérer ses comptes, son emploi du temps sans compter sur sa môman pour faire ce qu'il ne veut pas faire. Cela ne se fait qu'avec un accompagnement très attentifs des parents, qui, parce qu'ils passent du temps avec leurs enfants et les connaissent très bien, peuvent mettre en place les solutions adaptées peu à peu.
Ce n'est pas en poussant d'un coup sec un enfant dans l'eau du grand bain qu'on lui apprend à nager ! Si son instinct de survie est fort, il initiera des mouvements pour ne pas couler mais il développera aussi probablement une phobie de l'eau ou une détestation de la piscine...

15 commentaires:

aurore a dit…

Tout à fait d'accord avec ces réflexions ! Si on ne donne pas "le temps au temps" à un enfant, il y aura toujours des séquelles (visibles ou non, grosses ou petites...)

Bécasse a dit…

Je plussoie !
Ce que vous écrivez ici est d'une tout autre exigence d'ailleurs. Il est bien plus difficile d'accompagner son enfant pas à pas vers l'autonomie que de "s'en débarrasser" en le mettant à la crèche puis à l'école..; ne gardant avec l'enfant que les moment faciles et agréables.
Cependant, je ne suis pas forcément aussi partisane que vous de l'école à la maison (même si je la pratique moi-même).
Je pense que c'est avant tout une affaire d’équilibre. Il n'est pas toujours aisé de trouver toujours l’énergie nécessaire, et il vaut mieux, à mon sens, privilégier l'harmonie familiale où tout un chacun pourra remplir son réservoir émotionnel plutôt que d'être sur les dents en permanence pour avoir voulu être toujours là pour eux.

Laurence Fournier a dit…

Mon propos n'était pas de faire l'IEF une fin en soi ou un incourtounable. Je n'y suis d'ailleurs venue que parce que l'école ne remplit pas son rôle et que les rythmes proposés y sont totalement absurdes (sans parler des pédagogies). Le propos était de répondre à une "attaque" qui sous entendait que les enfants IEF seraient forcément moins autonomes non ils ne le sont pas moins...! Mais il existe des familles d'enfants scolarisés où tout va très bien !! Heureusement ! De même il existe des écoles formidables mais au dessus de mes moyens...

Delphine a dit…

Bonsoir Laurence,

Très bel article. Depuis mercredi j'ai bien cogité, merci encore de m'avoir reçue.
Je me range complètement à l'idée selon laquelle des enfants instruits en famille n'ont aucune raison d'être moins autonomes que leurs pairs instruits à l'école (peut-être même sont-ils à terme plus débrouillards!).

En ce qui concerne le respect de leur rythme, là, je pense qu'il me faudra du temps, des expériences, des tâtonnements, avant de pouvoir réellement trouver un ensemble (rythme, méthode, pédagogie...) satisfaisant pour tous. Pour l'instant, c'est encore un peu Beyrouth...

Une dame disait en commentaire : "s'en débarrasser" en le mettant à la crèche puis à l'école..; ne gardant avec l'enfant que les moment faciles et agréables."... Là, je prendrais la défense des parents qui scolarisent leurs enfants sur un point : il n'est pas plus facile de se "débarrasser" de l'enfant à l'école car il revient surexcité, irascible, violent aussi bien verbalement que physiquement... et qu'il faut gérer tout cela à la maison, pour tenter de rattraper un peu les dégâts de l'école si tant est que l'on a pas déjà baissé les bras.

Je pense que l'IEF est tout autant éprouvant... je vous le reconfirmerai dans quelques temps !

Bonne continuation,

Delphine

Virginie a dit…

" quand vas-tu enfin couper le cordon?" Combien de fois n'ai-je pas entendu cette question !! Et ce n'est pas fini...
Pas autonome, pas sociable... On entend des tas de choses. Quand les personnes comprennent enfin que le principal pour moi est que mes enfants soient bien, ça se calme... jusqu'à la rentrée suivante !!!

camille a dit…

c'est fou ces attaques!! c'est sur ton blog ou en face qu'on te balance des trucs comme ça? c'est comme le pb de socialisation!! comme si tu cloitrais tes enfants sous prétexte d'IEF!!! les gens ont des a priori sur ce qu'ils ne connaissent pas ou sur ce qui les intrigue voir leur fait peur parce que ca sort du cadre .
je peux témoigner moi que tes enfants sont bien plus autonomes que bon nombre d'enfants que je connais!!
ton post est très bien fait !!!
on sent que tu y as mis tout ton coeur et tes doigts se sont un peu emmêlés parfois ;)

Laurence Fournier a dit…

Tout à fait d'accord avec toi Delphine.
@Camille : j'ai eu droit à cette phrase plus d'une fois, et si tu savais qui me l'a répétée une demi-douzaine de fois ....

Enid a dit…

Que commenter... Les mots sont mis en forme sur des idées qui pour moi coulent tellement de source !

Miochette est encore allaitée, n'a été gardée qu'une journée entière par une amie parce que je n'avais pas le choix, il fallait qu'on libère la place assise du camion pour transporter un grand métier à tisser, ne va pas en maternelle, et on dort encore très souvent la nuit et tous les matins ensemble.

Et pourtant, elle va dire bonjour à toutes les personnes de l'assistance où qu'on aille, sans que je lui demande ou l'encourage. Elle me quitte aussi simplement qu'elle me retrouve, avec une blague, une parole douce et un bisou, elle se tartine (maladroitement d'accord) le beurre sur le pain sans demander mon aide, elle a appris à demander cette aide quand elle lui était nécessaire.

"Apprend moi à apprendre"... mais aussi "Aime-moi que j'ai confiance en moi"
Beaucoup de gens sont vraiment surpris de l'indépendance et de l'autonomie de Miochette, et encore plus lorsque je leur explique notre mode de vie et d'apprentissage.

Merci Laurence pour cet article plein de mots justes et de bon sens.

caroline a dit…

Tout à fait d'accord avec cette phrase "nous pensons qu'un enfant aimé, qui se sent en sécurité, grandira sereinement et deviendra un adulte autonome, équilibré et responsable" que je cautionne à 200%

marg a dit…

Oui article qui me fait beaucoup réfléchir... je suis convaincue que les enfants en IEF ne sont pas moins autonomes que les autres et n'auront pas plus de mal que les autres à couper le cordon... et parfois je me dis que je devrais peut être m'y mettre à cette manière de faire... mais parfois je me dis aussi que sans un moment sans eux je ne sais pas si je tiendrai... bref l'an prochain les 2 derniers iront probablement dans une classe montessori... l'ainée est trop grande (la classe s'arrête à 4 ans et demi...)et on verra au retour en France !... mais avec le ministre de l'éducation actuel je ne sais pas si je pourrais vraiment laisser mes enfants aller à l'école de la République sans arrière pensée...

rififi1980 a dit…

Je me permets de réagir à ce post et surtout aux commentaires car j'ai un pincement au coeur en lisant certaines mamans. Nous n'avons pas toutes le choix de rester à la maison pour nous occuper de nos tous petits. Pour autant je ne pense pas me débarrasser d'eux quand je les dépose respectivement à la crèche puis à l'école. Ils sont très épanouis et heureux. Je m'arrange pour que leurs journées soient le plus courtes possibles en collectivité. Je ne travaille pas le mercredi pour m'occuper exclusivement d'eux ce jour là. Ils ne pleurent jamais le matin et sont très souriants et joyeux à mon retour le soir. Toutes les familles fonctionnent différemment et je ne pense pas qu'il y ait un seul modèle pour garantir l'épanouissement des enfants. Maintenant si je pouvais je m'arrêterai sans doute de travailler durant leurs trois premières années.

Laurence Fournier a dit…

Rififi1980: merci de vous exprimer librement et avec votre coeur sur ce blog ! Il est fait pour accueillir toutes les sensibilités. Je partage tout à fait votre avis, ce post n'avait pas pour objet de créer une opposition IEF/scolarisé ni de dire que l'IEF est l'unique bonne solution. Non le propos était vraiment de réagir à une réflexion que l'on me fait (trop?) souvent. Dans mon cas précis, l'opposition "hargneuse" vient -si je puis le dire comme ça-du "camp d'en face". Je voulais juste démontrer que IEF n'induit pas systématiquement perte d'autonomie tout comme scolarisation n'induit pas forcément autonomie acquise et socialistion réussie. Les nuances existent...! Et heureusement !
Par ailleurs, je vous suis totalement dans le fait que IEF ou école, l'environnement familial, amical, social de l'enfant est déterminant pour la réussite de sa construction. Tout dépend avant tout des parents et de ce qu'ils transmettent au quotidien !
Donc, j'espère surtout que mon post ne vous a pas culpabilisée, ce n'était pas du tout le but !

rififi1980 a dit…

Merci Laurence pour votre réponse. En tous cas j'ai beaucoup d'admiration pour ce que vous faites! Vous avez une énergie incroyable et je serai bien étonnée que cela n'ait pas déteint sur vos oisillons! Je m'intéresse beaucoup à la pédagogie Montessori et votre blog est une mine d'information : merci beaucoup!

petitshomeschoolers.com a dit…

Tu dois être une mère formidable.
J'adhère entièrement à ce discours. Combien de fois m'a t'on reproché de vouloir garder mes enfants "pour moi"! C'est tout l'inverse; être un parent respectueux c'est se donner à ses enfants. Respecter leur besoin affectif, pour qu'ils soient capables de prendre leur envol sereinement. Lorsque l'on a déscolarisé ses enfants on porte un regard extérieur sur les crèches et écoles. Et c'est assez violent;

eugénie a dit…

Parfaitement d'accord ! C'est fou quand même la grande ignorance de cette société avide de solutions toutes prêtes à penser.
Je ne compte pas les fois où aux courses ou en d'autres lieux on a dit à mon dernier petit garçon "tu n'es pas à l'école toi" ? (Et ce dès qu'il a marché peu avant 1 an! Et le pire quand on fait remarquer aux gens qu'ils disent n'importe quoi ils ne sont nullement dérangés d'avoir sorti une ineptie...) avec un soit un sourire crispé soit un air de "je cherche quelque chose à redire" sur le visage. Bien qu'il soit calme: il dérange; les enfants dérangent la société qui les souhaite présents à l'école le plus et le plus tôt possible.
Si l'école était un remède-à-tout il n'y aurait plus de problème nulle part, or c'est l'inverse qui se produit. A chaque fois que je sors avec mes enfants il se trouve quelqu'un pour me demander "mais il n'y a pas école ? C'est les vacances ?" Il y a même une caissière qui a dit "c'est les vacances oh ! pffff!" C'est grave je trouve de se cacher derrière l'école que certains souhaitent obligatoire pour dissimuler le fait que les enfants gênent les nouveaux codes sociaux qui prônent surtout l'égoisme et la destruction de tout ce qui rerésente la famille au profit d'une éducation de masse comparable à de l'élevage intensif de masse. Voilà ce que je réponds à titre personnel.